Hervé Morin : à Perpignan, enfin !

   La mauvaise météo l'avait détourné de sa route vers la Catalogne; le ministre de la Défense a tout de même réussi à atterrir à Perpignan, lundi 25 janvier ! 

   Il y avait à faire : rendre hommage aux pilotes des Rafales, craschés au large de Cap Béar (voir mon polar politique "RAFALES sur CAP BEAR)... Se rendre aux obsèques de l'adjudant-chef Lionel Amar, décédé lors du séisme en Haïti... Or M.Morin ne pouvait pas rester à Perpignan et il ignorait lundi quel représentant du gouvernement serait présent à l'enterrement, mercredi, du gendarme catalan... Il ignorait car personne, ni ministre de l'intérieur, ni secrétaire d'Etat, n'est venu de Paris...Perpignan est, plus que lecentredumonde, le trou du cul lointain de la France métropolitaine !!!  Il déclarait tout de même: "J'ai écrit à la famille pour lui adresser mes condoléances...Il y aura forcément un membre du gouvernement." Non, non, rien "forcément"...

   On apprit ensuite que le Préfet assisterait à la cérémonie, suivie d'une inhumation dans l'intimité. 

     Hervé Morin est donc venu à Perpignan en tant que chef de parti : il devait régler l'affaire des listes pour les Régionales, pour le compte de son mouvement "Le Nouveau Centre"; en effet, alors que Le NC se voit parfois écarté par l'UMP, dans certaines régions, il est ici, dans les P.O. en deuxième position : Annabelle Brunet sera donc élue sur la liste conduite par Jean Castex, le dynamique maire UMP de Prades... Enfin, après l'accident des Rafales, les hésitations du Brésil, l'affaire du "Mirage" vendu aux Russes, l'échec de la vente des réacteurs nucléaires à Abou Dhabi, M.Morin avait un peu de baume au coeur...  Merci Annabelle !

Écrit par cat le Jeudi 28 janvier 2010
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Polar catalan : M.Morin, Ministre de la Défense à Perpignan, en coup de...Rafale ? (7 janvier 2010)

     Hervé Morin est annoncé ce mardi 5 janvier, à Perpignan, entre 17 et 19 heures, salle des libertés, non loin du Castillet; en coup de tramontane, donc, comme on dit ici, en Catalogne ! Ou en coup de Rafale..?

   Mais non, en fin de compte, le ministre de la Défense a renoncé, il n'est pas venu dans ce sud extrême... Alerte météo, alerte orange, plan Orsec, forte neige annoncée, etc... C'est vrai, il y eut quelques flocons, puis de la pluie, pas mal pour ce midi catalan au climat si sec... Pourtant, la flotte, ça ne devrait pas décourager le chef des forces maritimes; la pluie ou la neige, ça ne devrait pas intimider le chef des armées, si beau et altier avec son casque de guerrier et dans son tank flambant neuf... Lui qui ose se rendre sur le théâtre des opérations en Afghanistan, lui qui a le courage de réveillonner avec nos soldats expatriés non loin du Pakistan terroriste..! Un peu de neige à Perpignan, et c'est le renoncement, la volte-face..? Surtout pour un Normand, c'est décevant ! Mais un Normand et en plus centriste, c'est peut-être ben que oui, peut-être ben qu'non...

Les militants du Nouveau Centre, conduits par Michel Cabot (un ancien camarade du Lycée Arago; avec son frère cadet, on était en 1ère littéraire ensemble; pas politisé à l'époque..!) ont été déçus! Et les midinettes, alors, sous la houlette d'Annabelle Brunet... C'étaient pas des larmes de pluie ou des flocons...mais de vrais sanglots longs...

   Car le Ministre, il venait pour rendre hommage au pilote décédé lors du crash de deux Rafale au large de Cap Béar (voir le début de mon polar sur ce blogue...) Il venait voir les lieux, lui qui ne connaît pas le beau département des Pyrénées-Orientales. Il venait méditer face à la mer et se recueillir à l'endroit où le pilote a percuté les ondes et fut noyé à cinq cents mètres de profondeur, à une vingtaine de kilomètres de la côte vermeille...Il venait pour remercier les secours, saluer les militaires du département, montrer qu'il s'intéressait aux sentinelles du fort Béar, au-dessus de Port-Vendres...

Enfin, l'hommage attendu, enfin la venue espérée sur les lieux de la tragédie... En outre, au moment où l'armée brésilienne s'oppose au président Lulla sur la commande de trente-six avions de combat multi-rôles, pour la somme de plusieurs milliards de dollars, c'était le moment de chanter les vertus du Rafale. M. Morin a laissé la parole à son chef des armées et président de la République pour annoncer : "Je suis serein! " Le Rafale, à cause de ses accidents de parcours, n'a jamais trouvé d'acquéreur, mais on reste serein. Le suédois Saab offre son avion Gripen NG pour la moitié du prix du Rafale, soit quelque 70 millions de dollars, et l'heure de vol de son joujou est quatre fois moins chère que le Rafale, mais il faut rester serein...             "C'est Lulla qui aura le dernier mot!", "Notre avion de chasse est une Ferrari alors que le Gripen est une Volvo"... M. Hervé Morin a beau user de l'ironie, cette attitude désinvolte ne fait pas fléchir les militaires brésiliens, surtout dans un contexte politique qui les contrarie : Lulla veut mener des enquêtes à propos des militaires mouillés dans la dictature qui a donné du Brésil  une image exécrable...

Et bien, non, le ministre de la Défense ne venait pas à Perpignan pour parler du Rafale ou évoquer la triste affaire du crash au large de Béar... Silence, on ne cause plus de cette triste affaire : les Brésiliens ont peut-être la mémoire courte... Mais non, ils ne l'ont pas et la CIA qui orchestra la chute des deux Rafale français a gagné la partie... Lulla choisira sans aucun doute le F/A-18 Super Hornet de Boeing... Car le Fripen suédois, c'est vraiment une braderie indécente... Il choisira l'Amérique, à moins qu'il arrive à se réconcilier avec l'armée; les militaires vont user d'un chantage terrible afin qu'on oublie une période trouble du Brésil... Lulla, alors, pourra enfin signer, avec son ami Nicolas, ce fabuleux contrat pour lequel un "accord de principe" avait été donné; mais amitié ne rime pas avec argent ni avec économie...

   Donc M. Morin devait venir, ou reviendra bientôt, à Perpignan, quand il aura le courage de braver les intempéries.. Mais pour quoi faire ..? 

à suivre, j'attends vos réponses, merci !!!

 en rafales...

Écrit par cat le Jeudi 7 janvier 2010
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POLAR CATALA de Joan-Pere BONNELL - Rafale sur Cap Béar en Catalan (1)

Capítol 1                   cap béar

 



   Vaig a anar fins al final de la meva recerca ...
És intolerable que la gent s'empassi la versió oficial de "accident": dues explosions es telescòpica al cap Bear, Vermillion, a la costa a prop de Port-Vendres. Ràfegues de Cape Bear, al cas, va dir, és el lloc més ventós dels Pirineus Orientals. Durant les Jornades del Patrimoni, vaig visitar el far dels registres des del nord es immortalitzen: més de 180 quilòmetres per hora en aquest lloc ..! Avions supersònics que es van desviar del seu camí com palla ..?
Fantasies! Mentides, sobretot! Polítics, diplomàtics! Els radars de sobte ingovernable? Així que parlem de magnetisme pista maleïda tercer accident a la costa català en cap moment ... El nord de Catalunya, això no és només el Triangle de les Bermudes ..? L'exèrcit, els mitjans estatals i alguns prenen els francesos als ingenus, el retard d'alguna manera ... Per descomptat, sembla que els accidents d'aeronaus durant el Canigó en els anys 1950/60: l' el cim de la muntanya sagrada dels catalans, que tenen propietats electromagnètiques ... Prou, deixi de tonteries ...
       "Vaig a anar després de la veritat i investigar-va repetir el detectiu Lenoble, va enviar sobre el terreny per un gran grup industrial francès. Els alts preus privats de pagament a una empresa aeroespacial la aposta boja és convertir-se en la primera i única al món ... Veuràs que deixarem el tema de terrorisme islamista: això seria un cop per a la branca francesa d'Al-Qaida; donar una lliçó que el president francès poc, li menyspreu un pitó de fer-li pagar les seves estratègies electorals en matèria de seguretat, en la captació del discurs de l'extrema dreta, en els seus patins pels àrabs que viuen a França ... i no oblideu l'ofensa i el racisme del discurs de Dakar ...
"
        Aquests càlculs són suggerents i malgrat els seus mèrits i fàcil recurs al terrorisme dut a terme en nom de l'Islam.
Trobem això un excel.lent boc expiatori, no es va molestar en investigar en altres llocs, els bons són feliços per entrar en aquest boig és Déu amagat a les muntanyes del Pakistan ...
         
No, Julien Lenoble sabia que el joc es juga en altres llocs, encara que més tard a les oficines de l'FBI, la CIA, els ministeris del govern brasiler, en els gratacels de luxe de Kuwait o d'Abu Dhabi ... La competència maquiavèlica, com un cuc en la fruita, va viatjar pel món. El cas va ser més greu que les obres mestres del Louvre prestat a un estat del desert d'Aràbia. És, en efecte, l'eliminació d'avions Dassault i altres ... Lenoble, fill natiu, i havia estat a les altes onades i els llocs escollits per la seva condició de català, sabia que el fort militar situat just per sobre de Cap d'ós, la carretera que condueix de Portvendres, passant Paulilles està prohibit. Va tenir coneixement, especialment a prop de Sant Llorenç de la Salanca, a prop del llac de Saint-Hippolyte, el campament aïllat per alts murs i filferro de pues, és una observació cap al nord d'Àfrica i aquí, algú que l'ajudés, dir-li el que estava succeint en aquest moment estrany. Aquest espia, un amic em va confessar que ell de vegades la informació nova i "alt secret" era en realitat una dona més jove ... i no ... Però el que és una experiència ...

Écrit par cat le Samedi 12 décembre 2009
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Crash de Rafale sur Cap Béar : la vérité du polar (chapitre 12)

     Chapitre 12

 

 

  

- Mon petit Henri, je voudrais te parler de cette espionne américaine...

-Parle-moi plutôt, Rose, d'amour...Et plus, si affinités...

-Ne fais pas ton lascif, dear Henry et laisse-moi, d'abord, te speaker de l'enquête, de notre affaire, de nos investigations, il faut bosser, avant de faire la bête à deux bosses...

-Oh! Là, Rose, tu me consternes, je ne te reconnais plus...Parle-moi au moins de ton dernier livre: il doit traiter de l'amour, lui...

-Oh, non, tais-toi, il ne traite que de rêve et d'optimisme; j'ai écrit une fugue, une escapade, une balade pour mes lecteurs qui me confient trouver surtout avec mes histoires de la douceur, de la finesse, de la poésie et l'oubli de leurs soucis quotidiens..!

-C'est bien beau, bien vague, tout cela, ma Rosa, Rosa, Rosam, explicite que je saisisse le substantifique moellon...

-Hé bien, je situe mon récit à Venise et j'ai inventé une héroïne, la jeune Angela qui fait des études pour devenir conservatrice d'un grand musée vénitien...

-Tu y vas, alors, de ton style romantique et tu mêles l'amour, l'érotisme...intrigue amoureuse et intrigue policière..?

-Non, pour une fois, j'ai voulu souffler et sortir, moi aussi, de mes préoccupations professionnelles...Rien que l'amour romantique et sentimental -avec un peu de charnel, c'est vrai, il faut des épices dans un livre!- mais surtout des songes

-D'une nuit d'été...

-Et même d'hiver, et des gondoles, des palais, des lagunes, des lidos, des ponts, des douanes de mer, des îles...

-Et des clichés, Rose...Au fait, tu y es allée, à Venise et tu as pris des photos pour situer ton récit..?

-Oui, souvent, j'ai éprouvé, comme l'autre, la "Tentation de Venise", mais je suis revenue, sans en être revenue de tout ce bric-à-brac touristique et esthétique, et je travaille encore ici, en Salanque et alentours... Mais, pour revenir à mon roman, j'ai voulu m'essayer au fantastique; j'ai donc inventé l'histoire d'un chat blanc, très beau, qui va bouleverser la vie de la belle Angela... L'animal a des pouvoirs supérieurs et il va guider l'héroïne vers le bonheur et...

-Si, tu me guidait, Rose, vers l'extase et le huitième ciel...Après tu me liras des extraits, des pagettes, des morceaux d'anthologie...Mais viens un peu au lit...

-Ah! Henri, quelle fougue, quelle folie ! Mais où places-tu la poésie..? Je veux absolument te parler de cette maudite espionne, qui rôde le long de la côte et récolte mille informations et veut éliminer le fleuron de notre aviation militaire...

-Mais quel langage...Je te préférais quand tu glosais littérature...

-Alors là tu tombes à pic, justement je voulais te faire connaître les nouvelles d'un écrivain peu connu, Bernard Drupt; il a publié un recueil appelé "Rafales", au pluriel...

Oh, non ! Tu n'as pas plus réjouissant..?

-Je veux te motiver, je te sens trop sensuel...Laisse-toi aller à la lecture du livre de Taslima Nasreen : "Vents en rafales"; la romancière indienne, qui a tant d'ennuis avec les fondamentalistes de son pays, et du monde musulman, en général,  car interdite pour "blasphème", évoque des scènes de la vie bangladaise et les événements qui ont marqué sa jeunesse...

-Non, là, c'est trop sérieux et trop loin de chez nous, même si je m'intéresse au "vent de l'Histoire" et à tout ce qui touche la liberté d'expression...

-Alors, pour finir, je te suggère l'album imagé d'Alain Crosnier : "Jets de combat", du Vampire au Rafale, une belle histoire de l'aéronautique, de la préhistoire à nos jours, ça ne fait que cinquante ans...Les pages ont été écrites sur les bases aériennes françaises et sur les théâtres d'opération du monde entier; l'auteur a ajouté les témoignages des pilotes de ces avions de combat en vol, du Vampire de 1948 à ce cher Rafale, que nous connaissons par coeur, n'est-ce pas, Riri...Et  c'est passionnant et fort bien illustré...

-Voilà que tu remets ça, le plat chaud, l'actualité, les objectifs de notre enquête...Tu ne vis qu'avec ton métier, nom de nom !!!

-Non de non, je m'évade avec toutes ces histoires d'avion et de guerre, d'accidents, de crashes et de séries noires...Plonge-toi dans le roman de Rosny Aîné, pseudo de J. H. Booex : "Les Rafales", suivi de "Dans les rues"...Un jeune bourgeois fréquente les jeunes voyous des quartiers sud de Paris et devient un voleur recherché par la police...

-Maintenant, entracte, la Miss, viens plus près tout en montant au ciel...

 

          La délicatesse du narrateur exige que la discrétion soit de rigueur et que le lecteur se contente d'imaginer la suite...N'est-ce pas là, d'ailleurs, le rôle d'un livre de fiction..?  Même si cet ouvrage, écrit dans l'actualité la plus chaude, nourri des informations les plus actuelles, de première et de deuxième main, se veut militant, politique, engagé...L'écrit ? Un cri dans la page blanche, en direction d'un public qui veut la vérité et doit la lire, la déceler, entre les lignes...

 

          C'est ainsi que Rose, professionnelle de la DGSE, doit proposer à Henri Lenoblé de séduire Caritad puis de l'éliminer. Elle en sait trop. Elle est surtout le symbole de l'Amérique qui gagne. Qui tente d'écarter la France des marchés juteux. Qui veut troubler les Brésiliens en leur montrant que, depuis qu'ils se méfient de leur  voisin nord-américain, depuis qu'ils veulent humilier les maîtres et gendarmes du monde, il ne leur arrive que des ennuis...La chute d'un de leurs avions, la mort d'un de leur pilote dans un Rafale, la nuit qui s'abat sur leurs villes, en raison d'une panne d'électricité gigantesque...Et ce n'est pas fini...

Écrit par cat le Vendredi 4 décembre 2009
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Rafales sur Cap Béar : la vérité du polar, chapitre 11

 

 

  RAFALES   


   La lutte amoureuse fut longue, malgré l'inconfort du sol parsemé de petits galets. Durant cette approche sensuelle, Caritad n'arrêta pas de montrer à Blue l'étendue de son ignorance : pour un espion américain, il ne savait pas grand-chose...

-Dis, Blue chéri, devine combien on est à enquêter sur cette fichue histoire de rafales...

-Oh! Toi, Moi, sans doute un gars de Dassault et les émissaires du gouvernement et de la défense...

-Au moins deux douzaines! Et ils ne sont pas loin d'ici, tous parsemés sur ce bandeau littoral, de Cerbère à Leucate. Une expérimentée au camp stratégique de La Salanque, les experts officiels et puis les envoyés spéciaux du Brésil et d'Arabie qui veulent savoir à quoi s'en tenir: s'ils sont fiables et performants, ces engins, sinon, ils sont prêts à aller signer ailleurs...

-Oui, tous des pragmatiques! Et toi, qu'as-tu appris, chère Caritad? As-tu les derniers ordres de notre organisation..?

-Il s'agit d'éliminer les Brésiliens, et tous les incapables qui sont venus ici pour faire Du tourisme...Se venger des Cariocas qui ont une sacrée rancune à notre encontre...Tu as écouté la dernière nouvelle, exploit de nos camarades d'Amérique du Sud..? 

-Non, j'étais isolé à Banyuls et je n'ai pas eu la possibilité de me connecter avec les big oreilles...

-Un avion de transport militaire a disparu hier au-dessus de l'Amazonie, avec onze passagers et membres d'équipage à bord. L'armée de l'air brésilienne n'a pas tout dit, bien sûr, en annonçant l'accident; d'ailleurs que sait-elle, au juste..? L'appareil, un Caravan C-98, a disparu alors qu'il effectuait la liaison entre les villes de Cruzeiro do Sul et Tabatonga...Tu m'as compris....On se venge  comme on peut. Il y avait à bord deux pilotes, deux militaires et des officiels du ministère de la santé...Au troisième crash, ils finiront bien par comprendre les mecs du carnaval..

-Et Lulla, qu'est-ce qu'il dit de tout ça? Il doit exploser, vociférer, non..? 

-Non, il continue son cinéma, il occupe les médias et la population; il poursuit ses bons mots et ses citations insolites : "Ma mère était une femme qui est née analphabète." Un journaliste brésilien a recueilli les phrases du président illusionniste et vient de les publier dans un recueil...C'est édifiant : "Le gouvernement tente de faire ce qui est facile, parce que ce qui est difficile est difficile." Qui dit mieux..?


   Mister Blue n'eut pas le temps de donner son opinion sur la question : au coeur de la sensuelle mêlée qui se poursuivait, entre ciel et mer, sur la discrète crique de Paulilles, Miss Caritad se mit soudain à fracasser le crâne dégarni du vieil espion; elle avait pris soin de cacher auprès d'elle une belle pierre taillée en silex. Blue n'eut pas le temps d'essayer de comprendre le geste de son éphémère amante. Il était de trop dans cette investigation; il n'en savait pas trop : au contraire, il ignorait presque tout et devenait pour les autorités lointaines un agent inutile, gênant car il aurait fini par se faire repérer, à marcher ainsi à travers les villages catalans et le long de la côte rocheuse... 

   "C'est mieux ainsi" se persuada la jeune femme, terrifiante mante religieuse, insecte au coeur froid, membre d'une secte élitiste qui ne supporte pas les faibles, les tièdes et les poussifs...Elle rhabilla vite le corps du malheureux et  le poussa dans l'onde toute proche; les vagues l'amenaient sans problème vers le large; elle se dépêcha de remplir de cailloux les poches et la bouche de celui qui n'aurait jamais deviné qu'il finirait ainsi, loin de son pays, humilié par une femme cynique et une organisation sans coeur...

Au bout de quelques minutes, la houle s'empara du cadavre qui, lesté par les dernières lourdes pierres que Caritad fourra dans sa chemise et son pantalon, disparut lentement et inexorablement vers les profondeurs...

"On ne le retrouvera pas de si tôt; on a d'autres cadavres à rechercher, à plusieurs dizaines de kilomètres d'ici...C'est bien mieux ainsi, cet inspecteur aurait fini par trahir l'Amérique pour les services français: il aimait trop la France et ses douces provinces, comme celle-ci, entre mer et montagne... Et puis, il se serait vanté de notre partie de bête à deux dos, ici, sur le grève d'octobre: quel déshonneur pour moi !"

Miss Caritad, le coeur soulagé, reprit ses vêtements et gravit la pente qui mène au sentier de randonnée entre Paulilles et Cap Béar...

 

 

Écrit par cat le Jeudi 26 novembre 2009
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Rafales à Cap Béar : polar catalan, la vérité par le roman (chapitre 10)

 Cap Béar

   Chapitre 10 : Lenoblé chez Rose


   Rose accueillit Lenoblé dans son luxueux duplex de la résidence des flamants. L'appartement était aménagé avec faste et décoré de  façon "art nouveau". Les meubles et les gadgets ne manquaient pas : tout était composé pour éblouir le visiteur. Ce qui était beaucoup plus sobre, c'était l'habillement de l'hôtesse : robe vaporeuse, ample décolleté, liberté du corps dans une enveloppe vestimentaire légère et aérienne...

- Cher Henri, j'ai préféré ne pas t'inviter à la base de Saint-Laurent, laide station d'écoute de communications radioélectriques... Je ne l'aime pas, cette grosse oreille électronique...

-Parce qu'elle est trop discrète, silencieuse, tristounette..?

-Oui, discrète, c'est le mot, mais pas sur les ondes...Dans les airs, elle sait se faire indiscrète, tu peux me croire... 

-Mais, Rosie, elle est réellement nécessaire, cette base d'espionnage, ici..?

- Oui, ! Après la fin de la guerre froide, l'effondrement du bloc de l'Est, il s'agit d'écouter tous azimuts : l'espionnage est devenu multipolaire et ici, en Salanque, c'est une position stratégique pour le système français : on essaie de capter les messages codés qui traversent la Méditerranée...

-Et qu'as-tu appris sur l'affaire qui nous concerne, ces jours-ci..? Rose a-t-elle vraiment de grandes oreilles..?

-Oh! Pas grand-chose, c'est vrai : les voix du ciel sont brouillées. Les Américains nous causent de petits soucis...Oui, les voix du ciel sont presque impénétrables...depuis qu'on nous a refilé le matériel ancien de la base d'Agde, située route de Rochelongue...C'était la préhistoire, là-bas, ce bunker plein de barbelés, mais sans la moindre antenne sophistiquée ni le moindre radar performant..!

-C'est le fiasco, alors..? Les portugaises sont ensablées..?

-Non, tout de même on a vite repéré la voix du pilote dit Duflot, avant qu'il ne disparaisse dans la flotte ! Mais il avait un drôle d'accent, le malheureux..!

-Sud américain..? Brésilien..? J'étais au courant : le patron de la section chez Dassault, m'avait averti; c'était un pilote brillant, très expérimenté, ce Brésilien, mais il y eut, non pas un malaise ou une erreur humaine, mais un ordre malsain, venu d'un technicien travaillant pour les USA, à la base de commande, un traître, qu'il faut démasquer ! Pour cela, j'ai besoin de l'enregistrement. La boîte noire a été retrouvée par les sauveteurs de la marine nationale, mais les officiels ne me feront jamais entendre la voix de la vérité... Et toi, Rose, as-tu un enregistrement audible..?

-Non, Henri, la base n'a capté que des bavardages et les propos surexcités des pilotes qui avaient devant eux de longues minutes pour faire des pirouettes et des figures osées, avant de revenir sur le porte-avions...Trop de troubles, d'interférences...Surtout du mauvais matos ! La France n'est plus à la hauteur, au niveau des plus grands puissances. Les caisses sont vides et le ministère de la Défense à la rue...On supprime des postes de militaires, on vend du patrimoine mais le matériel ne suit quand même pas...

-Tout de même, Rose, tu noircis le tableau : les autorités militaires et commerciales disent tout le contraire ! Ainsi, le délégué général à l'armement vient juste de déclarer, dans des médias autorisés, que l'industrie de la défense se porte bien, que les industriels de l'armement sont prêts à participer au grand emprunt, que les projets de technologie associant le civil et le militaire sont nombreux; par exemple, la mise en service, dans dix ans, d'un hélicoptère militaire de cinq tonnes, la perspective d'une grande création européenne, avec l'A400M, les projections de Dassault avec Thales, celui-ci devenant un acteur majeur de l'armement terrestre... Les réorganisations industrielles militaires et la concurrence accrue entre les sous-traitants devraient, nous a répété la hiérarchie, permettre de maintenir la France au quatrième rang des grandes puissances industrielles et militaires...Au moins, quatrième exportateur de produits militaires !!!

-Fadaises et bourrage de crâne...Et tu as cru tout cela, tu as avalé ces sornettes..? Et les négociations avec le Brésil..? Le prix du Rafale aurait baissé de quarante pour cent à l'unité ! On est loin des quatre-vingt-dix-huit millions proposés..! Il faut se tenir au courant, lire la presse internationale et, surtout, dans le cas présent, les journaux brésiliens...On en apprend de belles...Ils rabaissent quelque peu nos prétentions et notre caquet...

-Tu y vas un peu fort, ma Rose..! Mais viens plus près que je te lise un beau conte : la déclaration de M. Laurent Collet-Billon, délégué général à l'armement. Il a déclaré ces jours derniers : "L'industrie de défense se porte bien; le ministre de la défense sera au salon aéronautique de Dubaï, le quinze novembre..."

-Et alors, il peut courir un peu partout, M. Morin, il ne peut pas forcer les Etats; tout reste vague avec le Rafale et l'espoir, pour la France, d'aboutir à un accord, début 2010, avec le Brésil ou les pays du Golfe persique, reste, pour l'instant, un voeu pieu... Nous savons qu'il faut compter avec l'action insidieuse et subversive des Etats-Unis... 

-Oh! Arrête ton char et ton obsession du complot..Et viens plus près, ma Rosie...

-Mais, Henri, tu n'as pas entendu parler de ce "noir mystérieux" qui s'est abattu sur le Brésil..? 

A mon tour, je vais te lire un joli conte, venu tout droit de la voix de l'Agence France Presse :

"Le Brésil s'interrogeait mercredi sur les causes du mystérieux black-out géant qui a plongé dans le noir mardi soir la moitié du pays et jusqu'à un tiers de la population, paralysant les plus grandes villes du pays.

Les lumières se sont éteintes peu après 22H15 locales (00H15 GMT), paralysant plus ou moins longtemps 18 des 27 Etats du pays, dont les deux plus importants, ceux de Sao Paulo et Rio de Janeiro (sud-est). L'électricité n'est revenue progressivement que quelque quatre heures plus plus tard n: la panne a surpris des dizaines de millions de Brésiliens dans les rues, les métros, les ascenseurs, les restaurants, les aéroports.

En début d'après-midi, le président Luiz Inacio Lula da Silva a affirmé que le black-out, qui a affecté quelque 70 millions de personnes, selon de nouvelles estimations, soit plus d'un tiers des 195 millions de Brésiliens, n'était pas dû à un    manque d'énergie. 

"Il n'y a pas eu de manque de production d'énergie. L'énergie a continué à être produite, le problème est ailleurs, a déclaré Lula. Le ministre brésilien de l'Energie Edson Lobao a convoqué tous les opérateurs de l'énorme système électrique brésilien, qui compte 100.000 km de lignes de transmission, pour une réunion d'urgence à Brasilia en fin d'après-midi.

Un responsable du ministère de l'Energie a déclaré à l'AFP que des "conditions climatiques adverses" auraient provoqué la déconnexion de "trois lignes de transmission entre les Etats de Sao Paulo et du Parana (sud-est) qui transportaient l'énergie d'Itaipu", la plus grande centrale hydroélectrique du pays, exploitée avec le Paraguay.

Durant le black-out, craignant une vague de violences et de pillages à la faveur de l'obscurité, les autorités ont dépêché tous les effectifs de police disponibles dans les rues. A Rio, l'unité d'élite du BOPE a patrouillé les quartiers de la zone nord pour éviter une reprise de la guerre du trafic qui a fait récemment une quarantaine de morts. Seuls de rares incidents ont été rapportés mercredi, au grand soulagement des autorités de Rio dont l'image souffre de l'insécurité, un mois et demi seulement après avoir été choisie pour accueillir les Jeux olympiques en 2016...

-Oh, Rose, il m'endort ton roman...Si on faisait une sieste salutaire, mon chou..?

 

 

 

 

Écrit par cat le Mardi 17 novembre 2009
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Rafale sur Cap Béar: vérité du polar (chapitre 9)

 Port-Vendres (photo JPB)

                         Chapitre 9 

          Pendant que des enquêteurs parallèles, espions français et américains, tentaient de recueillir des informations sur le crash des deux Rafale et sur le complot organisé en hauts lieux, des envoyés officiels du BEAD, bureau enquêtes accident de la défense, livraient déjà leurs premières conclusions. Apaisantes, bien sûr, il faut tranquilliser les éventuels acheteurs; le rapport concluait donc à une "erreur de pilotage"; la cause de l'accident étant liée à un facteur humain. L'Etat, le Ministère français de la Défense montrait donc du doigt le pilote Beaufils, le rescapé qui devra dire la vérité, ou celle que l'on va lui suggérer et le commandant Duflot, décédé. Celui-ci ne pourra plus s'exprimer; c'est sa famille, par conséquent, qui, grâce à des pressions amicales ou des compensations pécuniaires, devra laisser la parole de la vérité et de la logique au vestiaire  : à la raison d'Etat. Pas question de s'opposer à la voix officielle, à la vérité unique : c'est le pilotage qui est en cause et non la technique.

          Cependant la fiction du pilote Duflot est à présente découverte : le pilote du Rafale échoué, noyé au fond de la mer, est un Brésilien; c'est donc à l'Etat brésilien  de se taire, de suivre le déroulement de l'enquête et, in fine, d'acquiescer... Pour atteindre cet objectif, le ministre de la Défense s'est envolé, début novembre, en Amérique latine; il s'agissait d'achever une tournée qui l'a déjà conduit au Chili et en Argentine. M.Morin s'est donc arrêté longuement au...Brésil, afin d'apaiser et de réconforter son homologue Nelson Jobim. Le discours de Rio fut un exemple parfait d'hypocrisie diplomatique; il faudrait tout citer, la beauté des envolées lyriques et la puissance émotionnelle du verbe : ce gouvernement utilise des "nègres" de talent, capables d'endormir les populations et de faire le contraire de ce qui a été déclaré. Seul, le discours de Dakar, fut maladroit et les anciens colonisés africains ont réagi avec violence. Mais au Brésil, le discours fut remarquable, susceptible d'éteindre les feux les plus ardents et de passer sous silence les discordes les plus âpres.

          "Les discussions continuent dans le climat de confiance qui est le nôtre. Nous attendons désormais l'évaluation des forces armées brésiliennes et ensuite le processus décisionnel politique.", lut M. Morin, devant la presse internationale. Il s'agit de précipiter les décisions : le Brésil doit donner une réponse en novembre et opter pour l'avion de Dassault, jamais vendu, jamais exporté, mais toujours au centre de polémiques et  d'interrogations, à la suite d'une série noire désastreuse.

          "On aborde le sujet avec la confiance qui est celle d'un partenaire avec lequel on a bâti une relation extrêmement solide.", a cru bon d'ajouter le ministre. Si on veut se donner la peine de lire entre les lignes, ces affirmations signifient que l'Etat brésilien ne doit plus barguigner : le Rafale est le meilleur, le favori pour emporter un marché de plusieurs milliards de dollars; M.Lulla ne doit plus hésiter face au F/A-18 Super Hornet de Boeing : les USA constituent l'ennemi capital, et ces appareils sont vieillissants... Ni face aux Mig Russes, ni face à l'Eurofighter européen au Gripen NG de Saab : ce matériel européen constitue un armement peu crédible; c'est de la pacotille... Bien sûr, une forte hésitation se fait jour face au F-35 de l'autre américain, Lockheed Martin... Le gouvernement brésilien s'est déjà exprimé à plusieurs reprises sur la confiance qu'il accordait au Rafale de Dassault-Breguet-France...Alors..?

          Alors, comment emporter la mise et infléchir encore la décision..?  La France a déjà décidé de livrer des "secrets" militaires : les Brésiliens pourront, par la suite monter leurs Rafale sur place. On brade l'avenir pour gagner le présent: que deviendra la recherche française? On trouvera bien d'autres technologies d'ici là...

Voici un argument de poids que réitère le ministre des braderies guerrières :

           "Nous avons, sur ce projet d'équipement, tenu nos engagements : transfert de technologie important, partenariat industriel majeur, perspectives de coopération sur un avion de transport militaire."

          En dernier lieu, les Brésiliens jouant la montre et une incroyable partie de poker menteur, le gouvernement a dû aller plus loin, trouver l'argument définitif : demander au consortium Dassault de baisser ses prix, de façon appréciable... La balle est dans le camp de M. Lulla Da Silva...Le contrat final devant être signé en 2010, pour l'acquisition de trente-six avions de chasse Rafale, la fin justifie les moyens. Il y a urgence, il y a le feu en la demeure, et les déficits du budgets français sont abyssaux; pas question de revenir sur les dépenses somptuaires causées par le bouclier fiscal, l'exonération de la taxe professionnelle, le retour de la France dans le giron de l’OTAN...

          Les divers enquêteurs et espions qui suivent l'affaire et lisent les discours officiels peuvent de gausser et avancent que l'opération est politique avant d'être économique. Il est vrai que les échecs de Dassault proviennent, le plus souvent, de l'attitude française, des rapports personnels entre les puissants, de l'implantation de la France à l'étranger; ce fut vrai à Singapour, en Israël, au Maroc, en Corée, où les Américains sont fortement implantés. Mais à présent, avec le Brésil, c'est différent, le Président français a mouillé sa chemise, il a conquis la confiance et l'amitié de Lulla : son "lobbying" doit déboucher sur des résultats sonnants et trébuchants. En outre, M. Ignacio Lulla veut faire un pied de nez aux Amerloques et c'est cette cause "sentimentale", affective, à fleur de peau et d'orgueil démesuré, loin de toute argumentation fondée et cohérente qui peut, qui va, n'en doutons pas, faire bouger les choses... Malgré la rage de l'Etat-major brésilien, qui préfère les F18 et les doutes de Lulla, après le crash au large du Cap Béar, c'est la volonté politico-diplomatique du chef de l'Etat brésilien qui doit emporter la partie...

          Alors, les enquêteurs officiels, qui savent qu'ils ne servent à rien, si ce n'est à pondre des milliers de pages officielles, formatées, soufflées par les autorités, n'ont pas à se sentir frustrées : l'attitude du ministre relève du dévouement national; en effet, si la politique ramène à l'économie et si le cynisme l'emporte sur la vérité, c'est que, chers citoyens, ce contrat permettra de créer six mille emplois sur quatre ans, cher Dassault et chez les sous-traitants : Thalès pour l'électronique, la Snecma pour les moteurs, etc... Fabriquons français! Surtout vendons français ! Ce sont des armes, des engins de mort...?

           Mais si ce n'est pas la France qui gagne le marché, ce sera un autre pays..! La morale n'a rien à gagner dans l'histoire. La morale, c'est du virtuel, du gratuit, de la bonne conscience, mais aussi, au bout du compte, l'échec et la perte pour la recherche scientifique et surtout pour les finances...Alors, n'oublions pas que la réalisation du Rafale, le programme général, a coûté très cher, trente-neuf milliards d'euros, au moins... Chaque aéronef a coûté au contribuable la somme -bagatelle- de cent trente-cinq millions d'euros environ...Mais, au-delà des chiffres et des ventes -à l'Arabie Saoudite, on espère, à la fin de l'année 2009- c'est l'indépendance nationale qui est en cause. Ne jouons pas avec cette valeur inaliénable..!

          Enquêteurs à trois têtes, judiciaires, administratifs, officiels du bureau enquête accident de la défense et investigateurs occultes ; enquêteurs officiels, diligentés pour des "investigations internes à l'armée", ne faites pas la fine bouche : il s'agit de faire oublier les échecs successifs, les chutes étranges, série noire ou sabotage, complot, comme le premier accident de Rafale, le 6 décembre 2007, en Corrèze...Il s'agit d'oublier l'interminable immobilisation du Charles-de-Gaulle, suite à une usure "anormale" de pièces sur les arbres de transmission de son système de propulsion...Insolite, cette usure, donnant lieu à une très longue opération d'entretien, jusqu'en novembre 2008... Les dieux seraient-ils contre nous, intrépides Gaulois, ou les comploteurs, les traîtres seraient-ils parmi nous..?

Écrit par cat le Samedi 14 novembre 2009
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Rafale, série noire : le pilote était brésilien (polar, chapitre 8)

   Série noire : la vérité du polar 

                  Chapitre 8

 

 

          Mister Blue avait quitté Banyuls et l'ambiance de la fête des vendanges. Il n'irait pas se mêler à la foule de la plage. Il n'avait pas l'intention de questionner les habitants du village; ils ne savaient d'ailleurs rien de cet événement terrible qui se prolongeait dans les eaux remuées de la proche Méditerranée. Il devait rejoindre un agent de renseignement qui s'était posté dans l'abri d'une crique et observait le manège des avions et des bateaux depuis le début de l'affaire...

          Miss Caritad s'était installée non loin du site de Paulilles, ancienne usine d'explosifs, créée par Nobel et aujourd'hui désaffectée, nettoyée en grande partie, afin de devenir un lieu touristique et une sorte de musée industriel.

          L’enquêteur se mit à marcher le long de la route qui mène à la plage des Elmes et à celle de l'hôpital héliomarin de Protection infantile. Ces lieux étaient déserts, à croire que tout le monde s'était rendu au village de Maillol ou avait rendu visite aux accidentés du centre de réadaptation…

          Le sentier monte dans les vignes, tout en suivant la côte rocheuse, vers le cap Castell : la vue est impressionnante et le promeneur se voit conduit vers de précipices vertigineux. Blue avait un oeil pour le chemin, les cailloux et les racines qui affleuraient, et un autre pour le navire de guerre ancré à quelques encablures... "Le commandant Bouan", se dit-il entre les deux souffles profonds : le sentier devenait rude, abrupt et de plus en plus étroit entre les arbustes piquants. Au bout d'une demi-heure, l'agent secret aperçut le cap Oullestrell, qui s’avançait de façon intrépide dans la mer. Le site de Paulilles n'était plus très loin, là-bas sur la gauche, signalé par les ruines dues mas Julia et de l’Esprit… En face, il verrait bientôt le phare de Cap Béar, situé à une petite heure de marche.

          Avant d'arriver à cet endroit stratégique, il devait retrouver Caritad dans la première crique située sur sa droite. Tout en haut de la crête, il dominait à présent cette plage sauvage, faite de galets et absolument déserte : seuls quelques troncs d'arbres s'étaient échoués là, ramenés par la tempête récente, sans doute, monologua  Mr Blue. Mais pas de Caritad ! Il râlait déjà : il savait que la CIA recrutait des jeunes femmes alertes et sportives, capables d'accéder à des endroits d'observation comparables à des nids de rapaces...

          Je ne vais pas descendre là-dedans, dans cette maudite marmite pleine de rocasses et de rabasses, se répéta-t-il, en découvrant la mince traînée de terre qui indiquait le sentier permettant l’accès à la crique… Criquette, plutôt.. ! Et puis, elle est peut-être en retard pour le rendez-vous, elle sera allée se promener dans les alentours, elle aura taillé une bavette avec le gardien de Paulilles…Je savais que ça se passerait mal, dépendre d’une jeunette, on ne peut pas leur faire confiance… il en était à ce stade de ses ruminations misogynes lorsque, à l’autre bout de la plagette, tout au fond, là-bas, en plein soleil, il aperçut sur un ban de sable, une forme féminine. Nue, toute en rondeur. Galet charnel, pour tout dire. Le moral lui revint soudain, et un dynamisme certain. L’estime, aussi, retrouvée, pour les jeunes gens. Mister Blue se découvrirait alpiniste afin d’aller rejoindre l’agente secrète qui se prélassait dans la chaleur d’octobre…

          Il voyait ses cheveux blonds sur le sol. Elle ne percevait nullement ses pas. Il lorgnait sur ses seins blancs. Elle ne sentait pas la venue du mâle. Elle avait abandonné ses larges seins sur un torse sans défaut. Il avançait, à pas de loup de mer. Elle ne pressentait pas l’instinct fauve  de la bête qui redevient homo faber quand les circonstances lui font perdre la notion de toute morale et de toute modernité…

          « Déjà là, Blue, vous me surprenez ! Qu’avez-vous appris au village.. ?

-Pas grand-chose : que le Commandant Bouan avait été convié par le maire de Banyuls pour assurer la bonne tenue de la fête.

-C’est faux, bien sûr : c’est l’armée qui a imposé sa présence. Il s’agit de sécuriser la mer, le lieu d’impact des Rafale, avant le bon déroulement des vendanges…

-Pourtant, la commandante du navire est une amie de M. Rède, le maire…

-Non, Blue, Christine Allain ne dirige plus ce bateau ; elle a été remplacée par le capitaine de Corvette Laurent, Henry, Marie Celerier ; un décret récent de la Présidence de la République, du 1er juillet 2009 lui attribue le commandement de l’aviso Commandant Bouan.

-Pourtant, pourtant…Et tout le monde est d’accord pour dire que lors d’un virage trop serré , le pilote Duflot…

-Il n’y a pas de virage serré, ni figure exceptionnelle, mais incompétence du pilote décédé, qui ne s’appelle pas Duflot, ni Laflotte…

Mais qu’avancez-vous là, chère Caritad, que savez-vous, au juste.. ?

-Par exemple, je sais que le pilote emporté au fond de l’eau est…un Brésilien ! C'est le vérité vraie, nue, crue !!! Pilote sans grande expérience, que le Brésil, avant de signer de façon ferme, a voulu qu’un de ses militaires d’excellence teste le Rafale…Et cet essai lui fut fatal !  Inexpérience, appréhension, vents hostiles, choc avec l’autre avion…Bien sûr, toutes les supputations sont fausses !!!

-Et le ministre français ?

-Il fait son métier. Il dit ce qu’il veut, ou plutôt ce qu’il faut dire, dans ces cas-là, sinon vous perdez la face et les marchés juteux… Mais moi qui appartient aux services secrets de la nouvelle CIA, et vous, Mr Blue, qui avez de la brioche, nous savons tout, n’est-ce pas.. ? lui susurra-t-elle, en se levant et en collant son corps sur l’imperméable anachronique de son collègue.

-Euh… Et que savons-nous ?; eut-il juste le temps de lancer par les lèvres, vite prises d’assaut, avant de guider les membres maladroits de Blue vers la tiédeur du sable…

 

          Le lecteur s’est peut-être douté que la CIA tenait, dans cette affaire, un rôle non négligeable…

 

Écrit par cat le Samedi 7 novembre 2009
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Rafales sur Cap Béar (chapitre 7) - Série noire : la vérité du polar

  Chapitre 7



Rose lui avait signé son dernier livre, un nouvel épisode sanglant de sa série noire "Les aventures du commis qui serre". La dédicace était assez banale, passe-partout, mais le style de la romancière ne fut pas du même tonneau quand elle l'invita à venir se rafraîchir au lavabo des toilettes du centre culturel. Comme dans une de ses frénétiques fictions, elle joua à la culbute, à l'embrassade, à la franche ouverture....Lenoblé n'en revenait pas, mais il n'avait guère le temps et le loisir de réfléchir à la psychologie de sa collègue des services secrets. Cette Mata Hari du vingt-et-unième siècle avait lu toute la littérature érotique des civilisations les plus raffinées...

-Henri, je vous propose de venir voir mes appartements, demain soir, à l'heure de l'apéritif, vers 19 heures. Pas à Canet-en-Roussillon, non, car mon époux doit effectuer quelques bricolages dans ma salle de bains, où il y a des infiltrations. C'est pas lui, bien sûr, qui va œuvrer : il a convoqué une armée de spécialistes et  d'artisans ...Non, venez plutôt à Saint-Laurent. Vous connaissez ce coin?

-Oui, diable, La Salanque, pays de marécages, d'étangs et d'artichauts, je le connais car j'ai beaucoup lu Mermoz et Saint-Exupéry, à l'adolescence : ils citent souvent Saint-Laurent, Le Barcarès, le restau de la langouste qui chante...

-C'est ça, ils sont venus faire des essais sur l'étang de Saint-Hippolyte, puis, comme la tramontane persistait, ils sont allés voler sous d'autres cieux, à Marseille, je crois, au-dessus de l'étang de Berre...

-Alors, cher Henri, vous connaissez l'ancienne base désaffectée de l'étang de Saint-Lau...Là se trouvaient les bâtiments de Latécoère. Tout cela a vieilli, mais des travaux importants ont été entrepris en 1997: les bureaux ont été rénovés, l'enceinte de protection a été doublée, rehaussée de barbelés. L'ancien château d'eau a été repeint et protégé. L'ensemble est très sécurisé. EDF a peaufiné le raccordement sur le réseau haute tension. Surtout de vastes bâtiments, comme des casernements, c'est pas gai, c'est sûr, ont été construits à proximité des vieux hangars de tôle de l'aérodrome...

-Et vous, Rose, dans tout ce décor, où êtes-vous, que faites-vous..?

-Cher collègue, question naïve, vous vous adressez à une espionne et vous lui posez une question d'enfant de chœur. Vous êtes naïf avec les femmes ou bien c'est une stratégie, qui, disons, ne prend pas les chemins de traverse...Et vous voulez que je vous réponde de façon aussi directe..?

-Non, j'ai essayé, on ne sait jamais, je pensais qu'on avait désormais une certaine intimité...C'est évident, mon interrogation est ridicule...

-Oui, Henri, de même que vos investigations dans le coin, au sujet de l'accident des deux Rafale ! Vous croyez servir à quelque chose ? Que Dassault veuille connaître la vérité -attentat, défaillance de l'avion ou du pilote, trahison d'un technicien...- c'est compréhensible, mais l'Etat français, le ministère de la défense, les assurances... ont envoyé, dès le premier jour, des enquêteurs et vous êtes là, à faire le joli coeur..?

-Oh! Rosa, ne soyez pas cruelle! J'ai conscience de mon retard, de mes faiblesses et du vide de mes informations. Mais la France elle-même, je veux dire les voix officielles, est aussi fortement concurrencée par des agents secrets internationaux, britanniques, américains, moyen-orientaux et brésiliens..!

-Oui, Henri, le Brésil, qui hait les USA et ne veut pas acheter d'avions ou d'armements aux Yankees, malgré la présence novatrice de Barak Obama...Il y a un contrat fabuleux en cours, mais le Brésil pose ses conditions: la France doit concéder des transfert de technologie incroyables : donner ses secrets de fabrication, c'est sans précédent ! Ce gouvernement est prêt à tout pour obtenir des marchés ! Cependant, malgré ce marchandage, les négociations se poursuivent. En effet, le Brésil peut encore choisir le Gripen NG du suédois SAAB, mais c'est là du matériel d'occasion, en tout cas, c'est pas la pointe de la technologie...Ces F16 « refubished » se vendent très bien, certes : trois pour un Rafale…Afin d'obtenir à petit prix les 36 avions de combat multi rôles dont il a besoin, le gouvernement de Lulla Luiz Ignacio Da Silva peut aussi faire semblant d'être intéressé par le super Hornet, F/A-18, de l'américain Boeing...Mais c'est une partie de poker ! 

-Qui se poursuit à l'heure où nous parlons, malgré le crash des avions français; le Brésil a exigé de participer à l'enquête en France. Il va saisir l'aubaine de l'accident, c'est cynique, mais tout Etat est machiavélien, pour faire baisser les prix...

-En effet, Rose, surtout que Lulla se sait en position forte: pays industrialisé en pointe, détenteur de nombreux gisements de gaz, de pétrole, et leader du monde latino-américain. Tout réussit à Lulla et tout est fait pour écarter, éliminer les USA : il n'y a qu'à constater le résultat concernant le choix du pays pour les prochains jeux olympiques de 2016. Chicago a été battue, Lulla a devancé Barak lors du vote de Copenhague, le 2 octobre dernier...Les membres du Comité international olympique ont, en effet, élu Rio de Janeiro ville hôte des jeux olympiques d'été, dans dix-sept ans; le CIO a offert au Brésil les premiers J.O. sud-américains de l'histoire du sport international ! Lulla pavoise, il gagne sur tous les fronts; rappelez-vous : le Brésil a déjà obtenu l'organisation de la coupe du monde de football en 2014. Lulla double la mise en matière d'événement planétaire. Avec l'affaire des Rafale, la stratégie continue; il s'agit d'éliminer les Amerloques! Ceux-ci ne peuvent pas accepter ce passage en force; les USA feront tout pour rabaisser le caquet de Da Silva...En premier lieu, ils vont gêner la France pour changer le contrat avec Dassault. Quitte à utiliser la force, les agents spéciaux, l'attentat qu'on fera retomber sur les épaules du terrorisme international ou de l'islamisme combattant : il est utile Al-Quaida...

-Pour conclure, my dear Henri, nous savons tous que les USA ne veulent pas que la France vende trop bien son Rafale ! Pourtant, il s’agit là d’un engin fabuleux, avec son canon d’attaque air-sol performant, sa possibilité de tirer quatre missiles en même temps dans quatre directions différentes…Qui peut faire mieux.. ? Vous, peut-être, cher amour.. ? Alors, à demain, sans faute ! Je vous attendrai au parking de la plage de Torreilles, il est situé tout au bout du village, allez toujours tout droit, en direction de la mer…Bonne soirée et lisez mon livre…

-Bien sûr, un érotique polar, ça ne se rate pas ! A demain donc, Rose, et bonne nuit à vous aussi…

Lenoblé regagna sa voiture ; il s’assit sur la coupure de journal qu’il avait gardée avec dégoût. Il relut le passage le plus dramatique : « La vision, macabre, a surgi du fond des mers, tard dans la nuit de mercredi. Sur les écrans de contrôle des hommes de la Marine nationale, le petit robot sous-marin Rov, guidé par un signal de balises, a soudain projeté les images tant recherchées mais redoutées : celle de l’épave d’un des deux avions de combat Rafale qui se sont abîmés en Méditerranée. Le mauvais film, à l’image tremblante en noir et blanc, se poursuit : le corps du pilote gît là, par 700 mètres de fond, encore harnaché dans le cockpit de son appareil… »

 

Écrit par cat le Mercredi 28 octobre 2009
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Rafales sur Cap Béar (6) - Série noire : la vérité du polar

   Béar depuis le bâtiment de guerre, l'Aviso A69 Commandant Bouan (mis en service le 31 octobre 1984)

Chapitre 6    La mer sauvage, la mer hachée à Cap Béar. Au-dessus des remous, et face à la tragédie, la tour pyramidale du phare, construite en pierres apparentes, d'une hauteur de vingt-sept mètres, n'y peut rien. Si ce n'est envoyer des signaux de détresse à des fantômes marins, à des illusions de présence sur l'horizon. O, phare admirable, objet baudelairien, construit d'ailleurs dans les périodes romantiques, en 1836 et revu, briqué, modernisé, automatisé, télé contrôlé en 1905, tu es le symbole de la solitude extrême, au bout des terres - finistère, land's end, land-art, n voulant ni gardien ni visiteur. Verticalité morte le jour, ressuscitant la nuit grâce à la brillance et aux signes de survie d'une énorme lanterne lampe de 250 watts...

   Le ministre de la défense, lors d'une conférence de presse à la préfecture maritime de Toulon, affirme que l'accident "n'a rien à voir avec l'avion". "Il s'agit d'un accident de vol", confirme-t-il. "Il nous faut mener une enquête nécessaire, toute réponse serait précipitée..." clame Monsieur Morin

   Trois semaines plus tard, silence moteur, silence radar, le silence est d'or et l'armée est muette; le ministre a perdu sa langue et les médias sont aux abonnés absents. Leurs lecteurs, peu à peu, aussi... La presse croque d'autres sujets, elle quête de nouveaux faits divers: le vieux con qui écrase trois fillettes, le jeune loup qui grimpe à la tour de la Défense... 

    Mieux vaut randonner en ce monde de chimères. Sont belles les paroles des marcheurs, car anonymes: "J'ai découvert un superbe sentier qui m'a conduit, du haut de ses à-pics, au cap Béar. Comme une espérance après la longue rando, sur le chemin maritime des contrebandiers...Au sud de Port-Vendres, la falaise et les promontoires, procurent au curieux et à l'aventurier des découvertes inattendues, des criques sauvages bien exposées au soleil du midi. Le phare surplombe la côte, comme pour mieux la surveiller. Les bandits, les voleurs ne sont plus sur terre, mais sur mer: à dégazer, à transporter des esclaves, à cacher des drogues ou des armes, à jeter des cadavres par dessus bord...

    A ce propos, on se souvient sans doute d'un crime odieux perpétré au large de Cap Béar, en février 2001. Une histoire d'amour et de sang qui s'acheva au large de Cap Béar...On y reviendra...Pour l'instant, il s'agit de cerner de près l'affaire obscure du crache des deux Rafales; pour cela, il faut juxtaposer les déclarations, les témoignages successifs. Les phrases du capitaine de frégate Bertrand Bonneau, du service d'information et de relations publiques de la marine : Sirpa-Marine. "Les deux appareils avaient décollé du porte-avions et étaient aux mains de pilotes très expérimentés."

      La voix du radar sur le porte-avions. Le point de vue du pilote rescapé: lors de son éjection, l'avion de son camarade continuait à voler. Le capitaine de corvette Beaufils, entre ciel et eau, a sans doute bénéficié d'une vision partielle des événements, mais il s'agit d'un témoin capital; sa version est à examiner. La Marine nationale, elle, a reconnu, après quelques hésitation, que la collision des deux appareils en plein vol était l'hypothèse la plus sérieuse: il a fallu tenir compte de la version du pilote repêché, rescapé, blessé à l'oeil, commotionné au visage; un virage très serré, de la part de l'un des deux pilotes, est à l'origine de l'accident...

   Après les déclarations officielles, il y eut quelques rares témoignages provenant de gens du pays; du département des Pyrénées-Orientales où les deux pilotes s'exerçaient avec, à leur bord, des maquettes de bombes, des explosifs factices; ils jouaient à viser des cibles de façon virtuelle; un jour, peut-être, en Afghanistan, au Pakistan, en Iran...ce ne sera pas pour rire. Puisque leur rôle est de viser juste pour donner la mort... 

   Un témoin, donc, peut-être capital, mais tiendra-t-on compte de ses propos, affirme au correspondant du quotidien local : "Je me trouvais sur mon balcon à Argelès vers 16 heures ce jour-là (l'accident eut lieu le jeudi 24 septembre 2009, à 18H09), lorsque deux avions identiques aux deux rafales qui ont été montrés aux informations sont passés en rase motte - à 200 mètres d'altitude peut-être- au dessus de l'immeuble. Le bruit était tellement soudain et effrayant que je me suis plié en deux sur le balcon en pensant qu'ils allaient se cracher dans le coin. Mon épouse a eu également un énorme sursaut et a clairement vu ces deux avions qui se suivait à 4 quatre secondes peut-être d'intervalle. Mon appartement est situé en deuxième ligne par rapport à la plage ce qui veut dire que les avions volaient en longeant la plage et en mordant sur les immeubles. Puis ils ont disparu. Je n'ai pas pu m'empêcher de les traiter de nom d'oiseau tellement j'ai eu peur. Je n'ai pas été étonné d'apprendre que deux avions s'étaient abîmés par la suite à trente kilomètres environ de là. J'ai immédiatement fait la relation avec les faits précités. J'ai immédiatement informé France bleue Roussillon de ce qui s'était passé surtout pour affirmer le fait qu'il était inadmissible que des avions d'une telle rapidité puisse venir voler aussi bas au-dessus des habitations. Maintenant, il ne s'agit pas de dénigrer des pilotes qui sont sans doute formidables dans l'accomplissement de leur métier mais de dire : "Attention soyez plus prudent..!"

    Puis ce fut la plongée en haute mer et la perte des engins et de l'un des pilotes, harnaché dans son cockpit...Le porte-parole de la marine, Hugues du Plessis d’Argentré, a indiqué à la presse que les moyens nécessaires seront mis en œuvre pour désincarcérer la victime, François Duflot. Ce pilote d’essai au service de la Délégation générale pour l’armement (DGA) était un « as », totalisant plus de cinq mille heures de vol. Les opérations destinées à récupérer sa dépouille ainsi que les boîtes noires de l’aéronef dureront « entre une à trois semaines, notamment du fait de conditions météo défavorables », a précisé le commandant d’Argentré.

   Enfin, on tombe, en se rendant sur le site officiel de la Marine nationale, sur une information laconique, qui ne sera répercutée dans les médias que trente-six heures plus tard; la nouvelle tombe, froide et inattendue : le corps du CFR François Dufflot a été repêché le 5 octobre en fin d'après-midi.; il a été désincarcéré par un robot de la marine nationale. Le corps sera enfin rendu à sa famille; il est d'abord transféré par hélicoptère à l'institut médico-légal de Marseille...La ministre a repris son argumentation  pour ne pas désespérer les acheteurs éventuels, le Brésil en particulier. "N'est pas en cause la fiabilité de l'avion. Le capitaine de frégate F.D. était très expérimenté. L'accident n'est pas imputable aux avions eux-mêmes." Il serait alors, c'est implicite, imputable aux hommes..?

   O surprise ! Dix jours, à peine -les autorités pensaient, étant donné le vent fou qui soufflait en Catalogne, que les opérations de remontée du corps seraient beaucoup plus longues - le pilote est rendu à la terre. Mais quelle omerta, en attendant! Il faut dire que d'autres sujets palpitants passionnaient les médias et les pros de l'actualité people ou de la vie bling-bling... 

 

Écrit par cat le Lundi 19 octobre 2009
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Rafales sur Cap Béar (5) - Polar catalan : la vérité par le roman.

     Chapitre V

 

 

    Pendant que l'inspecteur Lenoblé effeuillait les livres et les pétales défraîchis de Rose, le Commandant Blue, envoyé en Catalogne par la CIA américaine, s'était d'abord rendu à Banyuls, où la municipalité organisait une grande fête des vendanges. Il savait que le gouvernement français avait installé un bateau de la marine nationale au large de la baie. Il voulait s'en rendre compte par lui-même. Ensuite, son intention était de se rendre vers Cap Béar, mais par le sentier maritime pour ne pas être repéré par sa voiture, même s'il ne s'agissait que d'un véhicule de location. Celui-ci, immatriculé dans la région parisienne, pouvait, cependant, ne pas passer inaperçu...

    En ce samedi d'octobre, le vent soufflait fort et dégageait le ciel. C'était un temps qui donnait du relief au paysage, les moindres crêtes de la montagne des Albères paraissant très près de l'observateur. Il s'agissait aussi d'un temps privilégié : le soleil présent au rendez-vous des vendanges  chauffait la mer et de nombreux touristes s'étaient allongés sur la plage; quelques Anglais se prélassaient même dans l'eau, en plein automne ! 

   Cependant, pour l'opération de récupération des avions disparus dans la mer pélagique et noyés dans une fosse profonde, c'était un temps tout à fait hostile: le treuil ne pouvait pas entrer en action. D'ailleurs, Mister Blue lançait son regard au large de Banyuls et n'apercevait aucun bâtiment sur la mer bousculée par les vagues. On ne voyait que le navire gris ancré  à deux kilomètres de la côte rocheuse, silencieux, imperturbable, à peine remué par les eaux bleues et blanches de la Méditerranée. 

    Blue se rendit à la mairie et tenta de glaner des informations; faute de pouvoir rencontrer le premier magistrat - M. Jean Rède dînait encore au restaurant "Le Catalan" en compagnie de grands cuisiniers du crû - on lui indiqua la présence, près du bar PMU, de l'organisateur de la fête locale. M. Mariotti plaçait les exposants et annonçait au micro le programme des festivités: "Le chef Michel Portos déclinera un menu gastronomique à 14 heures! Madame Jacqueline Irles, députée, viendra rendre hommage aux édiles ! (En effet, un peu plus tard, à l'heure de la digestion, elle s'exclamera à la cantonade: "Vous avez un maire formidable! Chers Banyulencs, vous méritez Jean, tout le monde l'adore! C'est super bien organisé! Je reviendrai l'année prochaine...") Enfin, le responsable de la fête, un pourrou de banyuls vintage dans la main gauche put lui révéler la vérité:

    "Il s'agit du navire du Commandant Bouan, là-bas, ancré au large; tous les marins sont invités; le capitaine de corvette Christine Allain mange à la table des autorités et trinque en l'honneur des Catalans de la Côte vermeille; vous savez sans doute que la ville a un enfant du pays célèbre qui a été amiral de ce navire de la Marine nationale ! Il est là pour les grandes occasions: il y a quelques mois, il célébra l'installation d'une nouvelle statue de Maillol, autre personnalité d'ici, sur la promenade...Nous sommes en sécurité, en sûreté, en totale sérénité, grâce aux marins et à la corvette..."

Il doit surtout assurer la sécurité des recherches et signaler le passage des bateaux, touristiques ou commerciaux, qui passaient par là, se disait le commandant des services secrets d'outre-atlantique... 

    Il s'était garé à l'entrée de Banyuls, sur l'avenue qui surplombe la baie. En contrebas, des familles s'installaient pour pique-niquer et un couple de gens âgés n'arrêtaient pas de faire des brasses. L'homme arriva sur la promenade, occupée par des cafés et des restaurants. Il remarqua de très jeunes marins en uniformes traditionnels d'un blanc éclatant. Certains de ces jeunes hommes, venus à terre pour quelques heures, pour la fête pittoresque des vendanges, avaient déjà trouvé une compagne; ils donnaient la main à une adolescente catalane, fière de marcher avec ces engagés. Parfois, ils s’arrêtaient au coin d'une ruelle pour s'embrasser.

-Ah, le prestige de l'uniforme, ça marche encore, grogna un habitué de chez Paul, le bistrot de la place Paul Reich.

-Oh! Jeune homme, laissez-moi toucher votre pompon, ça porte bonheur! Les traditions, et les superstitions, ne se perdent pas, cria une commerçante de la rue piétonnière, où elle vendait des objets en terre cuite, des tuiles faïencées, des vases artisanaux...

    Le labyrinthe des venelles du centre-ville avait été envahi par des étals de marchands de toutes sortes, mais les échoppes de bouche étaient majoritaires. C'est un effet de la crise, on se jette sur l'essentiel; ensuite, le reste, les produits artistiques, les livres, les revues qui parlent du pays, ça passe après, c'est le superflu... Si les gens étaient moroses dans leur tête, la municipalité avaient convoqué bandas et petits orchestres locaux pour assurer la bonne humeur et la gaieté générale: la saison des vendanges, c'est sacré, il faut maintenir la tradition catalane et faire vibrer la petite ville. Les habitants faisaient leur marché, s'arrêtaient devant les formations musicales mais sans participer vraiment. 

 "On fait les emplettes pour midi, puis on se réserve pour l'après-midi! confiait Aristide Bonnafos du bar à tapas à un touriste allemand qui demandait le programme des réjouissances...En effet, à 13 heures, ce sont les grillades sur la plage, entre amis, entre parents, après l'arrivée des barques catalanes qui apportent les raisins. Ensuite, ce sera la démonstration du pressage, avec les pieds, nus, propres ou pas et les enfants sont invités à participer à cette scène bachique...Enfin, plus tard, les chants des habaneras, témoins des anciennes liaisons maritimes et culturelles entre les Catalans et les Cubains... "

    M.Blue voulut savoir l'origine de cette étrange fête : les vendanges sur une plage, les vignes dans le sable et les pieds des vignerons dans l'eau. "Ah, cher Monsieur l'estranger, vous devez savoir qu'il y a deux mille ans et six ou sept siècles, le vin grec arrivait ici dans des amphores et on l'échangeait contre le minerai de fer extrait du Canigou, notre sacrée montagne, alors la tradition, ça se respecte, non, vous prendrez bien un "cop" de Banyuls Templers, non..?"

    La station balnéaire, en effet, était en fête. Tout le monde semblait avoir déjà oublié la tragédie des deux rafales abîmés, engloutis dans la mer si proche. Quinze jours, déjà ! Et silence des médias, top secret ou conseils pressants du pouvoir: plus aucune information n'était publiée sur cette étrange affaire...Le pilote Flotte reposait toujours dans sa carlingue, dans sa tombe de verre et d'acier...On s'activait sans doute, en hauts lieux, et pas très loin d'ici, entre ciel et mer, à trente-cinq kilomètres environ, mais que faut-il penser de tout cela, de cette occultation, de la frénésie de cette population, de ces bacchanales insolites, quand la mort rôde, non loin d'ici, et que des complots s'organisent, soupira Mister Blue...

 

 

*****Merci aux lecteurs qui insèrent un commentaire de donner leurs coordonnées afin que je puisse leur répondre...

  Le Commandant BOUAN, en rade de Banyul-sur-mer.

 

Écrit par cat le Mardi 13 octobre 2009
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Rafales sur Cap Béar (4) : polar catalan, la vérité par le roman.

    L'inspecteur Lenoblé, le privé de Dassault, ne va même pas voir ce qu'il en est sur le site côtier: il sait que le cap est passé au peigne fin, que Cap Béar est infesté de militaires en quête du moindre indice. Le ministre de la défense a déclaré qu'il s'agissait "d'un accident en vol.", la belle affaire..! Il a eu beau (?),  M.Morin,  dire qu'il ne s'agissait ni d'une défaillance de l'appareil ni d'un attentat -ce serait donc dû à une erreur ou faute du pilote?-  l'enquête a été diligentée et Lenoblé risquerait d'être intercepté et gardé à vue...

   En outre les recherches en mer se poursuivent et une armada est venue rejoindre les lieux de la catastrophe: d'énormes moyens nautiques et aériens ont été déployés sur la zone pour retrouver le second pilote et repêcher quelques pièces du rafale. Furtif, oui, il l'est à présent totalement... Une vedette de la société nationale de sauvetage en mer, un hélicoptère  de la sécurité civile de Perpignan, un hélico Dauphin de la base aéronautique navale d' Hyènes, un avion de guet aérien Hawkeye du porte-avion Charles de Gaulle, un avion de patrouille maritime de la base navale de Nîmes-Garons...Tous balaient le territoire marin, tandis que des plongeurs explorent les réserves marines environnantes, de Port-Vendres à Banyuls... Un corps, ça disparaît vite, emporté très loin, déchiqueté par des bandes de poissons; un corps, ça devient blanc, ça devient squelette, ça devient rien, en quelques heures...Ce sont les boîtes noires qui sont le but de la recherche, et l'appareil, s'il ne s'est pas perdu dans une fosse profonde...


    Non, il a mieux à faire...Il a pris la direction de Saint-Cyprien, Canet-Plage: les villages se succèdent sur une bande de sable réduite, entre étang et mer. La voiture ne peut aller vite : de nombreux estivants se baladent encore en ce mois de septembre. Auparavant, il avait fouillé longuement dans son dossier intitulé "glamour", renfermant des adresses, des lettres, des petits mots, des notules, autant d'informations engrangés lors de rencontres diplomatiques ou amoureuses dans le "beau monde", lors de vernissages qui ne sont précieux que par les contacts qu'on peut y avoir, ou à l'occasion de réunions littéraires où des individus privés d'ego, en raison de leur profession de policier ou de détective, peuvent enfin sortir de l'anonymat en exposant un tableau ou en dédicaçant un livre : ils choisissent un pseudonyme mais leur présence physique leur permet de s'affirmer en tant que "créateur" de quelque insignifiance, tableau ou roman, mais ce statut d'homme-janus, d'agent double, donc, et même triple, leur convient assez bien. Il faut connaître la faiblesse de l'homme et son désir de livrer une part de son intimité : la faille est là, dans cette attitude trouble d'exhibitionnisme et d'orgueil.

   Il devait retrouver les coordonnées de Rosa : cette espionne en poste en Catalogne, en particulier au centre d'observation de la région de La Salanque,  près de l'étang de Saint-Hippolyte, dans les anciens bâtiments de la société Latécoère, il l'avait un jour rencontrée, dans un contexte bien particulier : c'était à l'occasion  d'un salon du livre, à Cabestany, et il avait été attirée par la faconde et le physique de cette dame qui en savait plus qu'elle ne l'écrivait...

    D'ailleurs, elle n'écrivait pas des histoires d'espionnage, mais des histoires d'amour. Et pas piqué des...comme l'on dit. Elle avait surtout besoin de parler, de s'épancher, de sortir de cette existence de grande muette... Expansive, elle se montrait aussi très autoritaire : son mari, un petit bonhomme ventru, timide et présent, de loin, comme un toutou mené par une laisse invisible, ou téléguidé par le radar intense des yeux noirs de sa matrone, tentait d'avoir une contenance et il rosissait dès qu'un lecteur s'approchait du stand de Rose ou lui demandait une dédicace.

    Lenoblé s'était donc approché de la table des éditions québécoises installées à Baixas, mu par l'attrait des couvertures: les ouvrages de l'écrivaine ne montraient que des couples fort déshabillés, prêts à se livrer à des actions corporelles d'une grande urgence...Les titres, eux aussi, avaient été concoctés de façon savante afin d'attirer le chaland. Et Lenoblé était comme magnétisé; romancier contrarié, il avait conservé un complexe profond et s'extasiait quand il découvrait un créateur prolifique... Ils étaient nombreux, les romans érotiques de la belle femme au stylo aussi expert que la langue. C'étaient "Le club des seins", "Le pire des sens", "Le membrâne" et autres "Barbie, tue et vis, vite"   

    Rose Picardie avait senti, tout de suite, le bon mâle, musclé du sexe et du cerveau; il savait causer littérature mais recelait d'autres qualités; son air ombrageux lui suggérait aussi qu'ils appartenaient à la même race, celle de ceux qui en savent beaucoup et qui savent passer les trois quarts de leur vie dans un silence et une solitude qui les plaçaient au-dessus de la mêlée. S'étaient rencontrés deux grands seigneurs, deux étalons désirant échanger au niveau du pantalon...

-Chérie, je vais faire un tour, vends beaucoup de livres, je viens te rechercher dans une demi-heure, miaula l'époux confus d'être là, inutile, encombrant et d'une sensibilité si peu littéraire...

-C'est mon chou de mari, il a beaucoup de tact, on s'adore..! Vous savez, mine de rien, c'est un grand monsieur, un big architecte, il vient de finir le domaine des amants, pardon, des cormorans roses, à Canet-sud, vous connaissez, c'est formidable, non?

-Ah, oui, je connais, un bel ensemble, luxueux, face à la mer, pour une clientèle choisie...

-C'est cela même et que je vous dise! Ce monsieur, si modeste, il m'a laissé tout un étage, pour mon appart, ma salle de sports à moi, ma piscine intérieure...C'est un vrai loft, un monde à part, je peux y rester des jours entiers,sans sortir,  mais il faut travailler, n'est-ce pas..? 

-Et le boulot, c'est sortir ! confirma Lenoblé.

-Exact et il faut descendre dans le monde, dans les bas-fonds, parfois et causer avec des individus peu ragoûtants, quelle misère...

   Pendant que Mme Picardie causait, l'inspecteur s'attachait à son allure...

Écrit par cat le Mercredi 7 octobre 2009
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Rafales à Cap Béar (3) : polar catalan, la vérité par le roman.

  Chapitre 3  -Noyé, asphyxié, prisonnier, au fond de la mer. Prisonnier de l’eau et de son avion. Le rafale a été repéré, retrouvé, gisant, là-bas, au large de Cap Béar, à trente-cinq kilomètres de la côte, dans une fosse de sept cents mètres de profondeur. C’est Ulysse qui l’a retrouvé. Le rusé, le robot Ulysse, sous-marin télé opéré. Il s’agit d’aller le repêcher, le rendre au monde des vivants, de l’armée, le rendre à sa famille : faire le deuil sans le corps du proche défunt n’est pas possible. 

Mais la Méditerranée a choisi d’être lointaine à cet endroit, dans ce cimetière marin, dans cette fosse commune…Mais forte pente, de 45 à 50 degrés. Mais le fond est rempli de vase et le temps météorologique en mer se mêle à tout cela pour contrarier les opérations : le treuil ne peut agir dans ces conditions. Mais le pilote est sanglé sur son siège, il est mort aux commandes, il n’a pu trouver refuge dans le canot de survie : inconscient, comateux, il lui était impossible de penser aux opérations techniques… Mais, mais...

La famille avait visionné des images venues du fond des mers depuis Salon de Provence, où elle est installée : horreur de considérer la mort en direct, d’assister comme à un spectacle, la réalité se transformant en fiction à cause de la force virtuelle et suggestive des medias… 

   Dans les abîmes. Le malheureux pilote s’était d’abord abîmé en mer, comme écrivent toutes les dépêches des agences de presse. On peut, en attendant le hissage du corps et de plusieurs morceaux de l’appareil, revenir sur les causes du crash. L’avion semble invulnérable, c’est l’homme qui est faible, le maillon manquant. On montre du doigt la vulnérabilité physiologique et psychologique du pilote ; seul dans son engin, malgré les entraînements et les milliers d’heures de vol, il reste seul dans son engin, d’où l’angoisse, l’exposition aux aléas de l’inattention, d’un problème inattendu, d’un hasard de l’atmosphère. Il faudrait le monitorer autant que sa machine, accusent ses camarades, ces pilotes émérites qui viennent de perdre un homme exceptionnel, un héros qu’on aura vite oublié et que certains organes d’information placent dans la rubrique des faits divers, des accidents quotidiens, des faits divers qui font vendre du papier…L’engin est fort, sophistiqué, réglé et vérifié, mais dans cette création technologique, dans cette promesse de lancer dans les airs une machinerie exemplaire, l’élément pétri de doute, d’arbitraire, de vulnérabilité, c’est bien l’homme... Il a eu beau être bien dressé, bien formé par  sur des simulateurs adaptés, après des années longues, patientes et coûteuses, il peut perdre conscience, après une manœuvre particulière, il peut perdre la raison, avoir la tentation de la mort : il faut encaisser la suggestion du suicide comme on encaisse un virage, une vrille, un looping, un tracé inédit, une trajectoire folle…

   On parle, ces temps-ci, de harcèlement des personnels dans les entreprises, pour un plus de travail, un plus de rentabilité, avec mutations incessantes, rapports froids et inamicaux...les petits chefs croyant posséder tous les pouvoirs et surtout celui d'abuser des employés...Ici, dans le cas présent, dans l'armée et la marine, la hiérarchie a-t-elle demandé trop, exigé un rythme de travail trop élevé..? On peut vouloir plus de moyens, des avions mieux équipés, on doit surtout demander de respecter le salarié, le travailleur, des airs, des mines, des bureaux, des salles de classe...Sinon, ce sont les maux s'échappant de la boîte pandorée et d'une corne d'inabondance : stress, fatigue,  manque d'attention, découragement, suicide déguisé en accident de travail...

 Pendant que le roman avance et que les uns, les journaux, et les autres, les responsables, font de bons discours, le pilote est attaché à sa ceinture, collé à son siège, sanglé, ensanglanté, fracturé, revenu à l'état de poisson antédiluvien, dans son étrange armure... Triste aquarium. Spectacle désolant...

   Combien de pilotes faudra-t-il envoyer à la mer, à la mort, pour que la recherche technologique évolue, s'améliore..? Combien de morts pour que progresse l'illusion du progrès..?

 

Écrit par cat le Mardi 6 octobre 2009
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Rafales à Cap Béar 2 : crach de l'avion, suicide, perte de conscience, attentat, la vérité?

 

     "La mort dans les yeux. Plein les. Le bleu, pas celui de Matisse ni la couleur mystique d'Yves Klein. Bleu de la mort entre ciel et mer. Mer et ciel, soleils inverses, mondes d'attirance. N'avoir que deux ou trois secondes de pensée disponible, un temps très laps de survie.  Et puis. Penser à tout ça, à cette tragédie. A ce maudit virage à gauche très serré..."

   Le pilote d'essai Bonfils voit le Rafale de son collègue poursuivre sa trajectoire, aveugle désormais, suite à la collision brutale en plein vol.

" Il m'a percuté, à l'arrière et le choc a été d'une brutalité insoupçonnée..."

   Le capitaine de Corvette a un regard de détresse dans un visage linceulé pour le capitaine de Frégate François Flotte, une pensée plus qu'émue, ce serait atroce poncif, quarante-cinq ans à peine, sympathique et chevronné, qui part pour une chute vers les vertiges, vers le néant...

   Et lui, la mort dans l'oeil, vrillée là, ver dans l'orbite, lui n'a plus, à présent que son angoisse à lui, incommunicable. Le moi, l'égoïsme, le regard intérieur et la volonté d'en sortir, de cet espace claquemuré, sont plus forts que tout. 

   Il s'agit de s'éjecter. On lui a dit tout et le reste sur la sécurité, sur le confort du pilotage, avec ce siège Martin-Baker...Il va servir, incroyable,, pour fendre l'air, le siège F16F zéro/zéro, à haute vélocité, c'est écrit sut le mode d'emploi...Il va trouer l'air, puis l'eau, dure comme le béton, rompre la vague...

   "Les eaux ne doivent pas être trop fraîches, ce jeudi 24 septembre,  18h09, car l'air est chaud ici, en Méditerranée, même si l'automne est déjà présent, à en croire le calendrier...Et puis le parachute G9 Tape 5000 va s'ouvrir, je l'espère, du moins. De quoi gagner du temps, se préparer à la température de la mer, dix-sept ou dix-huit, encore...Tout à l'heure, j'ai aperçu la bande littorale, farcie de stations balnéaires et de clapiers à touristes; un département isocèle, le triangle des bermudas, en quelque sorte...Mais le vide m'attire, l'engin va dessiner sa dernière parabole et piquer du nez dans le grand bleu...Bleu du ciel, mort bleue..."

   La mort habite l'oeil; elle s'est incrustée au fond du crâne. Le copain de galère ne s'est pas éjecté. François est resté attaché à son fauteuil. Mais je ne vois plus rien, je ne pense qu'à mon siège, foetus qui doit s'arracher de sa mère, du cockpit, de l'avion semi-furtif, oiseau muni d'une aile delta très fine, bardée de plans canard, ça me fait une belle jambe...Oiseau fou, oiseau de feu, pesant, indomptable à présent, destiné à plonger inéluctablement dans la mer en quête d'une hypothétique proie marine..."

   Les bleus se succèdent dans le ciel pur, sans nuages; le Rafale finit sa course... "Je lâche les commandes électriques, j'abandonne les chaînes numériques, je ne cherche plus que la poignée pour m'éjecter, va-t-elle s'activer..? Je veux vider l'espace restreint de mon corps aliénant, je veux m'enfuir; je ne désire plus que cela au monde : bondir dans les airs. Mon bolide part en vrille, je m'éclipse, je nais dans la nuit du ciel, je renais dans le bleu de la mer...

   Mais non, Je vais me perdre. Mourir. Périr, qu'est-ce..? C'est n'être qu'un os au fond des abîmes, c'est une pensée dans le coeur de ceux qui vont ont aimé, apprécié..! Je meurs, tout de suite, après être né. Me fracasser dans l'immensité. Viendra-t-on me repêcher..? Va-t-on trouver mon corps, mes restes..? Le Rafale est un monstre froid et moribond au coeur des fosses océaniques. Et moi, je suis au paradis, dans la forêt de mon enfance, adieu le vieux monde, adieu la vie réelle..!"

 

 

Écrit par cat le Mercredi 30 septembre 2009
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Rafales à Cap Béar (la vérité sur l'accident, roman)

  J'irai jusqu'au bout de mon enquête...

  Il est insupportable que les citoyens avalent la version officielle de "l'accident" : deux rafales se seraient télescopés au large du Cap Béar, sur la côte Vermeille, près de Port-Vendres. Rafales sur Cap Béar, c'est le cas de le dire, c'est l'endroit le plus venté du département des Pyrénées-orientales. Lors des journées du patrimoine, j'ai pu visiter le phare : les records de tramontane sont immortalisés: plus de 180 km à l'heure à cet endroit..! Des avions supersoniques qui auraient été détournés de leur trajectoire comme fétus de paille..? Fantasmes! Mensonges, surtout! Politiques, diplomatiques! Les radars se seraient soudain déréglés? Alors, on évoque la piste du magnétisme maudit : troisième accident au large de cette côte catalane en peu de temps...La Catalogne du Nord, ce serait pas un peu le Triangle des Bermudes..? L'armée, l'Etat et certains médias prennent les Français pour des naïfs, des attardés, en quelque sorte...Bien sûr, on ressort les accidents d'avions au-dessus du Canigou, dans les années 1950/60 : le sommet de la montagne sacrée des Catalans aurait des vertus électro-magnétiques...Basta, arrêtons avec ces fadaises...

   "J'irai au bout de la vérité et de l'enquête!", se répétait le détective Lenoblé, dépêché sur place par un grand groupe industriel français. Un privé payé à prix d'or par une entreprise aéronautique dont le pari fou est de devenir la première -et la seule- au monde... Vous allez voir qu'ils vont nous sortir la piste terroriste, islamiste : ce serait là un coup d'éclat de la branche française d'Al-Quaida; donner une leçon à ce petit président français, lui rabaisser le caquet, lui faire payer ses stratégies électorales sur la sécurité, sur la captation du discours de l'extrême-droite, sur ses dérapages concernant les Arabes vivant en France...Et puis, n'oublions pas l'offense et le racisme du discours de Dakar..."

   Ces supputations sont suggestives et pèsent par leur bien-fondé et par le recours facile au terrorisme mené au nom de l'Islam. On a trouvé là un excellent bouc-émissaire, pas la peine d'investiguer ailleurs: le bon peuple est content de taper sur ce fou de Dieu qui se cache quelque part dans les montagnes du Pakistan... 

   Non, Julien Lenoblé savait que la partie se jouait ailleurs, bien plus loin, dans les bureaux du FBI, de la CIA, dans les ministères du gouvernement brésilien, dans les luxueux gratte-ciels du Koweit ou d'Abbou-Dhabi... Une concurrence machiavélique, comme un ver dans le fruit, parcourait la planète. L'affaire était plus grave que les chefs-d'oeuvre du Louvre prêtés à un Etat du désert arabique. Il s'agit, en vérité, d'éliminer les avions de Dassault et consorts... Lenoblé, enfant du pays, et on l'avait, en hauts et vagues lieux, choisi pour son statut de Catalan, connaissait le fort militaire situé juste au-dessus du Cap Béar; la route qui y mène, du côté de Port-Vendres, en allant vers Paulilles, est interdite.

   Il avait surtout des connaissances du côté de Saint-Laurent de La Salanque; près de l'étang de Saint-Hippolyte, le camp isolé par de hauts murs et des barbelés, est un lieu d'observation en direction de l'Afrique du Nord; là, un individu allait l'aider, lui dire ce qui se passait d'étrange en ce moment. Cet espion, cet ami qui lui confiait parfois des informations inédites et "top-secret" était, en fait, une femme...Et pas des plus jeunes...Mais quelle expérience...

(à suivre) 

Écrit par cat le Dimanche 27 septembre 2009
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