Loin d'Haïti, d'autres vies

   Julien, Ana, Audrey  à Formiguères

 Eliane, Nicole, Simone, Loïc, Jean, Aïssa, Alain, Jack...Didier Casquette, Sarah...Jo...

 et les autres, d'Autres Plumes, à Vernet...

   Haïti. Qui a dit : "La misère est moins pénible au soleil." ???

   Haïti. Est-ce de l'égoïsme que d'aller à la neige et au ski..?  vies diverses, multiples, contrastées... L'injustice est même au coeur de la Nature.

Écrit par cat le Mardi 26 janvier 2010
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Une année poétique avec Patrice Teisseire-Dufour

  "Cahier d'un illusionniste", de Patrice Teisseire-Dufour

 

Passer d'une année à l'autre en compagnie d'un recueil de poèmes, voilà une idée qu'elle est belle... Chacun a son "rituel de passage" : un bon repas, une cuite mémorable, un tour au lupanar, une veillée au coin du feu, l'incendie d'une voiture...

Bref, mon incipit à moi, c'est le "Cahier d'un illusionniste" d'un jeune poète, qui possède plusieurs plumes dans son encrier : grand reporter au magazine "Pyrénées-Magazine", donc grand marcheur, randonneur, découvreur d'espaces insolites, mais auteur aussi de livres divers "Les crus de Banyuls et Collioure...", "La spéléologie catalane..." (je mets des ... car Patrice a la manie des titres interminables) , "Des hommes et du Roussillon", ou encore "Corbières", avec de sublimes photos de Paul Palau. Et ce confrère et ami, au talent désormais reconnu, lui a offert la couverture, avec vue sur Sant Pere de Roda et le Cap Creus ! 

P.T-D., dont les lecteurs de "La Semaine du Roussillon" connaissent les initiales, guide le lecteur, sous l'égide de Roland Barthes, dans son jardin intime et l'ambiance de ses vingt ans. "Nous étions d'une autre époque", mais ce recueil de souvenirs, cette brassée d'images, n'ont rien de passéistes !

   Depuis l'enfance et la naissance d'une belle odyssée, l'auteur nous plonge dans ses nuits, dans la danse des chevaux, dont les troupeaux "sont composés de vent et d'eau", dans des cités uniques, Aigues-Mortes ou Salses... et Perpignan : "Je veux expliquer d'abord la ville / Les criminels et les anges s'y côtoient / Les premiers avec des yeux à la dérive de récits puisés dans le ruisseau..."  Puis, soudain, la nostalgie guette quand "le juke-box se tire un disque dans la tête", ou l'amertume : "Notre parcours est jalonné d'idéologies dont nous ramassons les miettes. Nous n'avons pas de pensées propres..."

Oui, j'aime ce poète qui sait que "la main qui chante est toujours réfractaire", qui écrit dans "la mémoire du soleil", qui chante si bien ce Collioure, pourtant si souvent chanté...

Ce livre est hors du temps des éditions mercantiles et des rotations rapides : lecteur, tu ne le dénicheras que chez un libraire honnête ! (éditions Aliance, BP 19, 66241, Saint-Estève, 5 euros) 

Écrit par cat le Samedi 2 janvier 2010
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Trop d'écrits ! Vite, un autodafé !

   On se lamente, on se désespère, c'est l'incessant choeur des pleureuses ! L'écrit se meurt, l'écrit est mort ! Les jeunes ne lisent plus! C'est la domination de l'internet, des jeux vidéo, de l'image... C'est l'oral -et quel langage!- qui l'emporte et c'est la fin de l'orthographe: voyez ces messages en phonétique, ces mails codés, ces messageries qui massacrent la langue française..!

Or l'écrit nous submerge : les libraires sont envahis, la rotation est infernale, certains envois d'éditeurs ne sont même pas ouverts, arrivée de sept cents romans à la rentrée de septembre, puis des milliers de livres de poche, des ouvrages politiques, etc... L'écrit, ce sont aussi les journaux; les Français lisent moins les quotidiens, mais que de revues, de magazines: les kiosquiers et les maisons de la presse vous le diront, ils sont envahis, passent leur temps à référencer, noter les invendus...

Pourquoi tous ces écrits, écrits sous forme de livres ou sous forme virtuelle (mails, faceboock...)? Nouveau malaise dans la civilisation : les gens, angoissés, isolés, ont besoin de communier, de communiquer...Et la mode est à l'autobiographie : parler de soi, donner son témoignage pour vivre, s'affirmer, donner un sens à son existence...Ou pour s'analyser, se comprendre...Ou bien sûr, la tentation de l'ego... Car l'écrit garde ses forces de séduction...

Oui, ces livres, ces écrits nous submergent : la bibliothèque historique de la ville de Paris a décidé de brûler des milliers de volumes, la BNF a décidé d'envoyer à Alexandrie, un exemplaire de tous les livres qu'elle possèdent en triple ou double (c'est le dépôt légal), les éditeurs donnent les invendus à-des associations ou les envoient au pilon; les pays riches et cultivés envoient par gros cargos des livres pour les écoliers du tiers-monde qui, souvent, ne pourront pas les lire... On détruit le livre, on s'en débarrasse, pour en créer d'autres, pour inonder les libraires : cela fait des avances de trésorerie et c'est un cercle vicieux... Google a beau essayer de numériser des millions de publications, il ne pourra pas suivre ce rythme infernal...

 censure, autodafé, pilon... 

Cependant, il s'agit de tempérer cet enthousiasme pour la survie et domination de l'écrit, nuancer l'ampleur de cette avalanche de textes écrits, sous leurs formes diverses, articles, ouvrage, correspondances... En effet, si la quantité est bien là, quid de la qualité..? D'une part, si les ados écrivent beaucoup sur le net, leurs textes sont bien courts, faibles, creux : le désir de communiquer est grand, mais le contenu est des plus légers...doux euphémisme! En outre, les outils -vocabulaire et syntaxe- pour écrire, manquent !

   D'autre part, il s'agirait d'avoir des repères, de savoir juger, critiquer : quels écrits méritent-ils la publication..? 80 % des revues et des livres "à rotation rapide" n'ont rien de littéraire et la valeur de la forme et du fond sont contestables! Combien d'auteurs seront, en définitive, reconnus dans quelques années..? Et même d'un H.Bazin édité dans la célèbre collection de "La Pléiade", ou d'un prix Nobel comme Le Clézio, dans 20 ou 50 ans, qu'en restera-t-il..? Alors, tout le reste, toutes ces feuilles qui font du lecteur potentiel un consommateur désorienté, n'achetant, en définitive, que le prix littéraire de l'automne, ou la vie de la vedette bling-bling ou les mémoires de l'homme politique machin, que va-t-on en faire..? 

Un vaste et triste incendie. Rimbaud, amer, non reconnu, non publié, non diffusé, l'avait déjà compris : relire "Ma bibliothèque en feu!"...

Écrit par cat le Mardi 22 décembre 2009
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Michel BOLASELL et sa terre d'enfance. Philippe Bouba et les Pieds-Noirs

  Ancien journaliste à L'Indépendant, Michel Bolasell a pris du recul par rapport à l'actualité et à l'écriture de l'instant. De façon géographique, d'abord, en allant respirer la vie trépidante de l'Amérique du sud : il a ramené dans son coeur et les soutes de son navire de belles images d'Argentine. Après l'espace, la distance temporelle : autour de la soixantaine, on est tenté par une introspection, par une plongée dans la mémoire : M. Bolasell s'est livré, comme moi avec L'Infini de l'enfance, à une sorte d'analyse. Le passé rejaillit, par bribes, par portraits que l'on avait enfouis : Emilio, Lydie, Kadir ou Ruiz effleurent désormais les pages de cette émouvante "Terre d'enfance".

   Nous avons vécu à côté, dans des quartiers proches, lui à Saint-Jacques la populaire, la marginale, la prolétaire, près des jardins et au coeur de la place du Puig si belle et si trouble, à présent. Moi, j'ai poussé près de la cathédrale,à Saint-Jean, autre quartier historique de Perpignan, mais plus privilégié, plus bourgeois avec ses commerces, ses banques et ses immeubles cossus aux architectures stylisées. M. Bolasell fait revivre le vélodrome, la misère des douches publiques et des lieux de prostitution, autant de témoignages sur un des visages du Perpignan des années 1950-60, car la ville a plusieurs facettes et il faudrait que d'autres écrivains fassent revivre ces microcosmes insolites : Saint-Mathieu, Le Vernet... On attend avec impatience la publication du livre de Michel Cristofol sur le quartier de Saint-Gaudérique/Las Cobas, à la même période...

Le livre de M.Bolasell est bien différent du mien, mais ce qui nous rapproche, c'est l'amour d'une ville et l'épisode dramatique de la fin de la guerre d'Algérie, fracture française aux conséquences importantes pour la Catalogne avec l'afflux des Pieds-Noirs, autre Retirada, qui a modifié encore une fois le visage et la mentalité de Perpignan...

   A ce propos, citons le travail de recherche de Philippe BOUBA, jeune historien, étudiant en Master, petit-fils de pieds-noirs, qui vient de publier son mémoire, aux éditions Trabucaire : "L'arrivée des pieds-noirs en Roussillon en 1962". 

*"Terre d'enfance", aux Presses littéraires.

Écrit par cat le Lundi 14 décembre 2009
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En direct du Raval à Barcelone: police voleuse, fête des morts, expos Maillol et Centelles...

    J'écris depuis un petit hôtel du quartier populaire du Raval, entre le "poble sec" de Creixams et la rambla qui mène à la place de Catalogne, en non à la statue de Colomb, non au port, car, c'est vrai, cette grande ville maritime, conquérante, tourne le dos à la mer : les bourgeois et industriels de la fin du XIX° et du début du XX°, qui ont fiancé les travaux de Gaudi et des grandes architectes du modernisme, ont préféré s'implanter plus haut, vers Gracia, l'Eixample, Putxet... Ici, malgré les travaux de salubrité de la municipalité, tentant de chasser miséreux et marginaux, le quartier est resté pauvre, sale, populeux. Raval populaire, avec sa grise rambla de palmiers étiques, ses rues et ses mendiants borgnes, ses grosses et vieilles prostituées édentées. Pourtant les filles faciles sont de plus en plus jeunes, la crise aidant, et même jolies : cette grande brune s'est arrêtée à un distributeur de préservatifs; quelle va être, pour elle, l'aventure de la nuit..?

    La rambla basse est toujours aussi animée : marchands de fleurs, de journaux, restaurants en terrasses, excentriques qui se sont déguisés et posent, immobiles, dans la frénésie du va-et-vient de la population, pour quelques centimes d'euros... Je me lasse de cette liesse, j'en ai assez, de cette marée... Demain j'irai vers le paseo de la Barcelonnette et visiter le musée maritime, dans son fantastique écrin gothique, racontant l'ancienne épopée catalane et la fierté castillane perdue dans une Europe de la normalité, du formatage généralisé... Vingt ans de cela et c'étaient les petits délinquants qui vous volaient l'autoradio -place du pin- ou vous fracturaient la voiture pour vous prendre une paire de ray-ban. Aujourd'hui, c'est la police qui vous vole, désirant faire place nette et surtout faire rentrer de l'argent... En effet, garant ma voiture, ce dimanche après-midi, dans une rue calme, à un emplacement ne gênant personne (mais réservé aux livraisons les jours ouvrables), je ne la retrouve plus à 18h, quand je reviens pour l'installer dans un parc pour la nuit ! Alors, angoisse et ennuis : vol ou fourrière..? Il faut trouver un poste de police, téléphoner à "la grua", se rendre place d'Espagne, entre les arènes et la statue de MIRO, récupérer le véhicule à la fourrière, à la folle police, qui vous demande 200 euros pour quelques heures de gardiennage... A ce prix-là, j'aurais pu aller dormir dans un palace du paseo de Gracia ou au Majestic, dans le lit où, Machado, sur le chemin de la Retirada, a peut-être sommeillé...

   C'est le scandale intégral..! Barcelone la voleuse, Barcelone la piteuse, qui manque d'eau, d'énergie électrique, qui peine à payer ses employés, voulant trop de responsabilités dans une autonomie de plus en plus grande, Barcelone miné, mité par la TGV qui fait s'effriter et pencher la Sagrada Familia... GAUDI se retourne dans sa turne et moi, je rentre, ruiné, dans mon modeste hostal...Barcelone la si dynamique, qui veut donner une image positive, m'offre, ce soir, un visage fantomatique et mesquin...

   Le maire de Barcelone, Jordi Heureu, sans X car peu érotique, se proclamant socialiste chrétien, affirme que la future gare de La Sagrera est un formidable atout stratégique, une gare "inter-modale", la plus vaste d'Europe... Cet édile-ci est un bureaucrate, un arriviste, désirant la modernité technologique et la mort des pauvres : "développer la biotechnologie, la bio-médecine"... Il est content, el segnor l'heureux, car sa ville se positionne (!) comme décor de nombreux films; il veut que la "ville des prodiges" mendozienne devienne la cité des arts et des sciences... Que c'est original ! Et c'est la ville qui "compte le plus grand nombre d'étudiants d'Erasmus" : ces jeunes-là sont sérieux, finie l'image ancienne de Barcelone "beuveries et commerces du sexe" (la Generalitat qui, elle aussi, se veut moralisatrice, a prohibé les bars proposant deux bières pour le prix d'une et interdit donc les "happy hours" !) voici la nouvelle Barcelone, animée en apparence, mais triste à l'intérieur, la ville propre, policée, prônant la fébrilité tranquille, exigeant le calme  et l'ordre nouveaux... L'image de marque de Barcelone : "la cité carrefour de cultures", le droit à la différence, donc, comme c'est original... 

   La nuit de Maillol  (photo J.P.Bonnel)

Écrit par cat le Dimanche 1 novembre 2009
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Blogueur, ce journaliste citoyen...

     En date du 24 septembre 2009, les statistiques concernant mon blogue (hébergé au Québec, non pour le goût de l'exil, mais celui du recul par rapport à l'événement) montrent qu'il a déjà dépassé l'audience du mois dernier : 19000 (dix-neuf mille) visites: ce chiffre indique que les 25000 seront atteints à la fin du mois..!

   Ce succès se manifeste d'abord par les contacts et messages que je reçois des quatre coins de France; il se révèle aussi dans les banderoles publicitaires (meetic, hôtels pour Barcelone...) qui ornent mes textes; il faut que le lecteur sache que je ne touche absolument rien de la part de ces annonceurs...(dommage, d'ailleurs, il va falloir que ça change, écrire, c'est bien, c'est ma passion, mais toujours bénévolement, ça suffit!)

En outre, ce succès fait un peu peur: il s'agit d'écrire de façon régulière, d'apporter des informations et des analyses sans pouvoir travailler pour cela à temps plein. Il s'agit d'être objectif, mais pas neutre : quand la critique est nécessaire, il faut la dire. Il faut avoir la liberté de s'indigner, la liberté de dire la vérité...Le petit pouvoir d'influence dont je peux disposer est à la disposition des lecteurs. A eux, à vous, de vous manifester...

  barriques devant la coopérative d' ELNE. (photo J.P.Bonnel)

Écrit par cat le Vendredi 25 septembre 2009
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Twitter.com/blogabonnel

Pour un événement en direct, me joindre sur TWITTER

http://twitter.com/blogabonnel

 JPB au salon du livre de Villefranche (13.9.2009)


Écrit par cat le Dimanche 20 septembre 2009
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Salons du livre en Catalogne : la rentrée, le calendrier

 *salon des éditeurs à Céret dimanche 6 septembre sous les platanes (10h-18h) - je serai au stand de la librairie "Le cheval dans l'herbe" pour mes "balades culturelles en Catalogne"

*Salon de Villefranche :dimanche 13 septembre sur la place de l'église - Avec Cap Béar et "Autres Plumes"

*samedi 19 à Banyuls - avec "Autres plumes"

*Rivesaltes : pour écouter Michel Onfray.

*samedi 26 : balade à Port-Bou (chemin de W.Benjamin), visite du Mémorial et vente de mon livre sur W.B. à la librairie de Port-Bou.

*Prades : ci-dessous

*Cabestany, 12 ème Festival du Livre, samedi 28 et dimanche 29 novembre : La liberté d'expression (auteurs annoncés: Taslima Nasreen, Edwy Plenel, Aurel...) - Je serai présent avec Cap Béar et "Autres Plumes".

Écrit par cat le Samedi 5 septembre 2009
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Le blogabonnel : l'audience d'un media, le rôle d'un journaliste citoyen

 Joe Bousquet, l'écrivain reclus de Carcassonne, s''il avait vécu à l'époque le l'informatique et de l'internet, serait devenu, sans aucun doute, lui qui adressait des lettres et des articles à des centaines de correspondants européens, un blogueur de génie...

A l'heure de VISA et du débat autour du photojournalisme, je voulais caresser mon ego et vous faire part de l'audience de mon blog : 17283 visites au mois d'août ! En ce mois "creux" où l'on pense à voyager, à farnienter... c'est un chiffre incroyable puisque mon modeste site enregistre sept mille visites supplémentaires par rapport à juillet ! L'audience de mon blogue est comparable à des journaux locaux tels que La Semaine ou Le petit journal... Quant à la comparaison avec des sites tels que ceux de "La Clau" ou "Perpignan-toutvabien", je ne connais pas leur impact chiffré (ils ne publient pas de chiffres et ne parlent jamais de mon blog, comme la presse papier, d'ailleurs, c'est l'omerta et le chacun pour soi, comme dans tous les domaines dans ce département), mais la concurrence ne joue pas car chacun a trouvé son "créneau" pour informer le public.

Tendre vers les vingt mille connections mensuelles, c'est se dire que l'on possède un certain "pouvoir". Je n'en abuserai que pour défendre des idées qui me tiennent à coeur (les valeurs d'humanisme, de liberté, d'égalité, de laïcité) ou pour dire la vérité : je vous tiendrai au courant du résultat du procès pour diffamation lancé à mon encontre par M. Le Commissaire de Police de Perpignan. 

Comment expliquer le nombre étonnant de ces visites ? La publication gratuite de mon polar "existentiel" durant l'été peut constituer un début de réponse. Les derniers chapitres ne seront pas révélés et le roman sera publié dans les mois à venir, vous me confirmerez, chers lecteurs, chers amis, votre attachement à ce blogue...

Acceptez les remerciements d'un blogueur, "journaliste citoyen".

Écrit par cat le Jeudi 3 septembre 2009
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COLLIOURE 2009, Un livre à la mer : mes coups de coeur

 J.Semprun et Florence Malraux visitent les expositions. (photo Dany Ramone)

  conférence (sous les oliviers)  sur "culture et société" selon Malraux. (photo Fabiola)

 

 Antoni Cistero et Gérard Malgat lors du débat au square Caloni.

 Lisker ROY, mathématicien, critique littéraire (il a publié, en autres, dans Les Temps Modernes, est venu d'Amérique pour écouter les débats. Merci à lui! (photo prise sur son site)


*De même Cristina Solé-Castells, correspondante des Amitiés A.Malraux en Aragon est venu au festival de Collioure; elle animera, en février 2010, un colloque sur Malraux à Lleida (Lérida)

***photos à suivre...

VISION plus intimiste : lors du festival, j'ai aimé:

* La discrétion de Florence Malraux: elle n'intervbient pas dans les débats mais est très attentive à tout ce qui se dit sur son père.

*La modestie de J.Semprrun, et son humour lors d'un repas de tapas au comptoir de Victoria.

*Le sourire de Prune Santelli et son geste quand je lui ai offert mon livre sur l'enfance pour "une adaptation au ciné ou à la télé"...

*La présence de M.C.Barrault et de P.Santelli au Café SOLA, pour partager un plat rapide avec les bénévoles du festival. Laurent, le propriétaire, a, lui aussi, été très honoré, m'a-t-il confié, ému.

*La disponibilité des journalistes de FR3 qui m'ont interrogé : des amis m'ont vu à Toulouse, à Foix, à Perpignan, mais moi pas (ça vaut mieux!).

*La chambre aux Templiers : au mur, une épreuve d'artiste de Carzou. De la fenêtre, une des plus belles vues sur Collioure et les montagnes.

*La chambre d'hôte d'Isabelle et de Gildas Giraudeau, au Mas Boutet, face aux criques de Portells : je reviendrai bientôt sur ce petit "paradis"...

*La présence et les interventions de Françoise Wagener, lors de ma "causerie sous les oliviers" avec Gérard Malgat et Claude Gallex.

*La fougue et l'enthousiasme de Hélène Legrais lors de la présentation de son dernier roman.

*Les révélations de Henri Hazaël-Massieux sur une certaine Lucette, lors de notre conversation durant le subtil repas au "Neptune": lire ses romans politiques sur "l'Outremer" français (Zombi A Chabine et Chabine Miroir, éditions Cap Béar).

*Les photographies de Chenji Charles WANG, coprrespondant des AIAM, durant tout le festival : il a diffusé un compte-rendu sur RFI et prépare une émission en Chinois : "Un livre à la mer" en Chine ! En attendant de faire une édition là-bas, sur place...

*** En fin de compte, ce que j'ai apprécié le plus, c'est quand Gérard Malgat a installé, de façon tout à fait inattendue (il ne m'avait pas informé de son "coup médiatique"), le drapeau républicain sur la table de notre conférence...Emotion silencieuse dans l'assistance, où l'on reconnaissait Roger FIX, représentant la municipalité de Collioure.

  au micro et devant la caméra...photos Anaïs Bonnel.

 le décor maritime et portuaire des conférences.

 Claude GALLEX orchestre les débats (DR. Anaïs B.)

Écrit par cat le Jeudi 27 août 2009
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Août, le bel été, avant la catastrophe qui vient

  7500 visites sur mon blog au 15 août, le record va être pulvérisé... Qui vient lire mes fictions..? Le commissaire de police de Perpignan, le Recteur de Montpellier, mes fans, mes amis, mes chers élèves, ou de simples badauds, alléchés par un mot..? En tout cas, tout cela me motive pour écrire : merci à tous, familiers ou inconnus de l'autre côté de la toile...

Ce mois d'août, un peu de plage, de montagne (Moustiers, Verdon), d'expositions (Cézanne/Picasso en Aix, Paysages à Céret, Manguin à Elne...), l'écriture d'un polar (achevé, qui va l'éditer..?), la préparation de ma conférence à Collioure (le 22, à 11h, sur le port, avec G.Malgat, après Semprun, Alban Cerisier, Raoul Jennar et avant Hélène Legrais...) Un été studieux, en vérité, mais les vacances sont faites pour écrire, lire, méditer, prendre du recul, n'est-ce pas..?

Et se préparer à la cata de la rentrée, cette pandémie qu'on nous serine chaque jour, pourquoi? Nous faire peur ? Nous dire que les malheurs ou bénéfices des financiers, ce n'est que roupie de sansonnet, à côté..? Allez savoir, ils sont forts, médiatiquement, les maîtres du monde...

Alors, on continue; c'est notre implicite contrat : lire, écrire, commenter...à l'infini de la vie...

 la vie en rose 

Écrit par cat le Lundi 17 août 2009
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L'autogestion selon mes voisins (Moulin à vent, Perpignan)

   C'est samedi, vous êtes seul et voulez faire la fête...Comment? Allez chez Françoise et Pierre, au Moulin à vent, au rond-point des sports, la première à gauche, attention: pas d'ascenseur... Sonnez chez les Coureux et vous pourrez admirer, depuis leur appartement qui domine le parc des sports, les Albères, le Canigou et...les éclairs, ce samedi 1er août rempli d'orages. La bonne idée de réunir tous les voisins de l'immeuble! Vingt personnes autour d'une table digne d'une cène divine !

   D'ailleurs, c'est un rite chez eux: tous les six mois, ils se réunissent pour une bonne bouffe et des éclats de bonheur! Ces gens-là sont malins, d'ailleurs, puisque, pour atténuer le plus possible les charges, ils ont instauré l'autogestion: chacun, à tour de rôle, fait le ménage, tond le gazon, répare les lignes électriques, va faire les courses pour la mémé handicapée...La politique intelligente et juste, pragmatique, ça ne semble possible que dans le très local...

   Alors, vous avez compris, afin de faire parler ensemble des gens très différents, qui, en temps normal, se seraient méprisés et même pas regardés en se croisant dans l'escalier, et pour passer un moment convivial, inoubliable, convoquez un retraité qui a passé sa vie à Saint-Marin, un matheux qui joue de la guitate, un prof qui a ramené un ours du Cambodge, en passant par Honkong (car chacun est passionnant et a eu une trajectoire fabuleuse!), une infirmière qui vit à Paris avec son mari agitateur culturel et malrucien, une apprenti-infirmière qui va partir dans la capitale, avec l'appréhension de sa mère qui, elle, travaille à la mairie de Perpignan, un chef d'entreprise très au courant des guerres en Orient, et puis, et puis, une retraitée, un militaire qui pilote en Afghanistan, une jeune secrétaire de direction avec son ami travaillant chez Publicis, et encore...tout un monde, un microscosme, je vous dirai la suite...au prochain repas...Mais avant, la rando entre La Bajol et Las Illas, ce jeudi, dès 8 heures, rendez-vous au parking du casino du Boulou. Vouis êtes tous (dix mille visiteurs en juillet, encore!) les bienvenus pour revenir sur les pas de Negrin, Azana, Aguire, Camanys, le 5 février 1939, ultime chemin de la Retirada...  et merci encore aux copains, aux amis voisins, à Raymond le Catalan, à Mme Sanchez la Picarde qui entretient les plantes et les espaces verts (ah, les roses de Picardie!), à Maurice et Angéline, à Stefan et sa tendre Elodie, à Christian, l'as du tango, à Maria, l'Espagnole, la reine des tortillas, aux petits Johan et Axelle, à David, l'heureux papa entrepreneur (papa, quand le bâtiment va, tout va!) et à Françoise, leur mère, cadre de santé et formatrice (quel éventail, cette petite communauté est une photo, en modèle réduit, de la société française...), à Patrick, à Henri le coopérant...

  la "Cène" du Moulin à vent


Écrit par cat le Lundi 3 août 2009
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RIGAUD - exposition à Perpignan : intime ou extime ?

   Le musée Hyacinthe Rigaud de Perpignan annonce, c'est pas vrai, une exposition...Rigaud, pour l'été. Enfin, le peintre du XVII° siècle de retour chez lui, en Catalogne... Mais cette bonne nouvelle nous apprend qu'il s'agira d'un "Rigaud intime"...

    Comment, lui le peintre officiel de la cour de Louis XIV, célèbre pour le portrait fastueux du roi, lui qui composa tant de tableaux "photographiques" des puissants de son époque, nobles, militaires, ministres, religieux et si peu d'hommes de son pays..? Comment, lui l'artiste reconnu et adulé à Paris, au coeur d'une France centralisée qui méprisait les provinces et les "patois"..? Comment, lui l'artiste qui pensait surtout à sa carrière, à la fortune qu'il amassait et ne revint que très rarement à Perpignan dans sa modeste famille..? Le peintre de cour donne plutôt l'image d'un artiste "extime", montrant ses amis artistes de Paris, certes, mais pas son rival Largillière. S'il est intime, c'est surtout par la succession des nombreux autoportraits qu'il fit, à différentes époques de sa vie; nous le voyons vieillir dans la peinture, mais Rigaud demeure fier, dominateur, jusqu'à la vieillesse... Intimité, la monstration de l'égo..?

   Bien sûr, la biographie - fiction de Renada Portet (Balzac éditeur) allait dans le sens de l'intime quand elle se mettait à tutoyer le maître, de façon originale et peu courante : un romancier tutoie rarement son personnage; il tutoie parfois son lecteur,comme Michel Butor dans "La modification", mais cette attitude "irrespectueuse" est exceptionnelle... Par ailleurs, l'ouvrage de Renada disait peu sur les années catalanes de Hyacinthe; normal : on sait peu de choses et puis, il quitta vite Perpignan, en 1671 pour Montpellier, puis à Lyon pour rejoindre des artistes montpelliérains...

   On sait qu'il francisa son nom Rigau pour effacer le père Mathias, tailleur d'habits dans le quartier Saint-Jean, père qu'il estimait peu mais qui lui donna sans doute le goût des étoffes, des dentelles dont ses tableaux regorgent, en côtoyant les draperies de la boutique, rue de l'incendie... Notons aussi que Rigau voulut ajouter une particule à son nom et, comme l'écrit Stephan PERREAU (*) "maquilla la profession de son défunt père "sastre, tailleur d'habits", qui ne cadrait plus désormais avec son statut."

   Bien sûr, il y a les portraits de sa mère, qu'il aimait beaucoup parce qu'elle comprit son goût pour la peinture, son génie précoce et qu'elle lui permit, en quittant Perpignan, de gagner un foyer artistique de qualité : Lyon, puis Paris, en 1681. En effet, dès l'année suivante, il est récompensé par le grand prix de l'Académie de peinture. Il est désormais immergé, pour la vie, dans la haute société...Mais, c'est vrai, il n'oubliera pas sa mère, la généreuse Catalane et les portraits qu'il dressa d'elle seront enfin visibles à Perpignan : lors d'un voyage en Roussillon, en 1695, Rigaud va composer le Portrait de Marie SERRE (au Louvre) en deux profils pathétiques, sur fond de crépuscule jaune et noir; puis, une seconde huile montre sa mère de face, toujours aussi austère dans l'ovale du tableau (Portrait de Marie Serre, 1695, château de Fontaine-Henry) Cette toile va servir de modèle au sculpteur Antoine Coysevox pour son beau marbre (1706, Musée du Louvre), sollicité par Hyacinthe.

Alors, Rigau intime..? Assez peu, en réalité, mais des documents inédits (en effet, il n'existe pas encore de catalogue raisonné de l'oeuvre rigaudienne !)  ont peut-être été dénichés, concernant la jeunesse catalane et les rares retours auprès des siens... Par exemple, on attend de voir le portrait du frère et les croquis pris à Port-Royal des champs lors de sermons jansénistes ou de concerts baroques... 

   En tout cas, nous pouvons admirer au musée des Beaux-Arts de Perpignan, H.R. le bien-nommé, quelques chefs-d'oeuvre "extimes" : le Christ expirant, le portrait du Cardinal de Bouillon, l'autoportrait au cordon noir, le portrait du Cardinal de Fleury, l' Autoportrait au turban, Rigaud peignant M. de Castanier,  le portrait du Duc de Chartres...


(*) H.Rigaud, le peintre des rois, Presses du Languedoc, 2004.

 

*** expo du 23 juin au 30 septembre 2009 - rue de l'Ange -du mardi au dimanche, de 12 h à 19 h- informations : O4.68.86.08.51 ou à la direction de la culture : 04.68.62.38.56.

Écrit par cat le Mercredi 10 juin 2009
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Patrick RAMONE, une voix de Catalogne

      Je viens de découvrir très récemment, grâce à l’ami Michel Cristofol, le talent d’un enfant du pays. Un chanteur de Catalogne qui s’exprime en français, à l'exception de quelques expressions, voir le texte ci-dessous). Des textes poétiques ou ironiques, accompagnés par une musique de cordes aériennes. Il s’appelle Patrick Ramone. Je le dis franchement, au pays de Dali, je vote pour lui, pas pour Cali.. !

 

C'est une terre, en robe bleue cheveux de feu quand vient la nuit

C'est une terre, j'ouvre les yeux je la veux dans mes insomnies

C'est une terre comme une dame qui me garde au creux de mes rêves dans son lit

C'est un pays comme une étoile de Dali

C'est un pays comme un guépard l'hiver tacheté d'amandiers

C'est un pays comme un départ en mer de maigres chalutiers

C'est un pays comme un gamin qui a dans les mains le vent l'plus fort du monde entier

C'est un pays avec l'hiver la gueule en biais

Tinc una terra sur ces chemins qui caracolent à Banyuls

Tinc una terra dans ces matins qui cargoladent au Neulos

C'est un pays comme un câlin comme un raisin et l'amour vole au vent d'avril

 C'est un pays dès qu'il lait beau qui sort les grills

C'est un pays comme un clin d'ail dans les salades en juillet

C'est un pays une rasade en régalade et on y est

On peut dormir sous les abeilles d'or et de zèbres habillées ensoleillées

On peut dormir c'est un pays sous un figuier

Amb al somriure, dans le fumet de ces révoltes des mois doux

Amb al somriure, même s'il sait y aura toujours des gabelous

Amb al somriure pour tous ces gens venant du nord venant du sud de mar enllà

C'est un pays c'est pas un pays c'est un Monde

Tinc una terra où l'on entend dans les ruelles le vent tourner

Tinc una terra où sur les branches ta voix qui chante vient se poser

C'est un pays où le soleil n'en finit plus de vouloir vivre et s'embraser

C'est un pays pas un terrain viabilisé

C'est un pays pas un terrain viabilisé

sans déconner…

                                             Patrick Ramone   (tous droits réservés ©2005-2008)

Écrit par cat le Mardi 16 décembre 2008
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Le doute (Le Clézio, Descartes, La Rochefoucauld, et les autres...)

   Dans son discours de prix Nobel de littérature, devant l’Académie suédoise, le 7 décembre dernier, le romancier français a fait part de ses doutes sur le rôle de l’écrivain : témoin, homme engagé ou créateur de fictions destinées au divertissement.. ? Les questions de Le Clézio sont toujours d’actualité.

  « C’est un discours où je parle du doute. », a déclaré l’auteur de Désert et du Procès-verbal, œuvres qui, sans doute, « resteront. »

    Douter de son métier, de sa place dans la société, douter de son style, de la valeur de son écriture, voici la véritable conscience de l’écrivain authentique ! Le reste n’est qu’ego et…littérature !

            Le doute, en effet, est fin - momentanée ( ?)- des certitudes, de la confiance en soi ou en une personne qu’on estimait ou admirait; c’est la chute d’une idée bien ancrée, la déchéance d’un idéal politique ou humaniste, face aux erreurs, aux trahisons ou aux crimes de ceux qui ont accédé au pouvoir. Le rideau tombe, tout d’un coup, avec brutalité ! Avec le doute, tout est remis en question : tout un passé, un temps aimé, une époque où l’on était heureux, quand on se rend compte que le compagnon ou la compagne se comportait alors avec duplicité, infidélité…

(photo J.P.Bonnel)      Alors vient la déception ; plus, surgit l’amertume et s’en suit la colère, la tentation de la vengeance, alors qu’il faudrait discuter, pardonner : l’essentiel n’est-il pas d’avoir été heureux même si, naïf, inconscient, on n’a pas su la vérité…Faut-il être toujours sur ses gardes et savoir discerner le double langage ou espionner l’amant, la maîtresse.. ? On n’est pas sûr d’avoir la bonne solution. Ici encore on doute…

            Avec le doute, souvent éreintant et source de tourments pour âme, avec ce corps étranger qui vous dévore à chaque instant, l’existence n’est plus tenable : il est vain, le doute. « La jalousie se nourrit dans les doutes. », écrivit La Rochefoucauld. Et dans le désir de faire sien, son unique possession, l’autre, celui qui partage votre quotidien ; mais c’est lui faire trop d’honneur, tout en en faisant votre chose, votre objet, votre chien-chien…

            Avec le doute jaillit surtout le sentiment de notre faiblesse, le laxisme de notre confiance : on se laissait aisément berner car on ne voulait voir que le bonheur enfin trouvé. La vie passée semble alors gâchée : que de temps perdu ! Mais est-ce vrai.. ?

   Ce retour au présent n’est-il pas une invitation à revisiter le passé, donc à le revivre, pour mieux repartir, après débats, vers l’avenir.. ? Car il faut, malgré qu’on en ait, malgré les trahisons, être toujours disposé à repartir de zéro, sauf si la faute d’autrui fut considérable ! Cependant, interrogez-vous : sa faute (je n'aime pas ce mot empreint de moralisme et de religiosité) ne fut-elle pas aussi un peu la vôtre.. ?

 Et le temps qui nous reste nous est compté ! On ne va pas tout effacer, tout gâcher, accepter qu’on s’est trompé sans tenter une ultime expérience pour sauvegarder le bonheur entrevu naguère…Le doute ne doit pas être simplement négatif. En effet, même à « l’ère du soupçon » (Nathalie Sarraute) généralisé, à l’époque de la surveillance totalitaire, par le net, surtout, le doute permet de rebondir, de se remettre en cause, de se méfier, désormais, des sirènes trompeuses, des apparences aguicheuses…Depuis Descartes, le doute est positif, créatif ; il construit l’esprit critique, il nous sort du conformisme, de la routine, du formatage idéologique, de la paresse et de la « défaite » (A.Finkilkraut) de la pensée.

Le doute vient épauler la raison. Il est révolution permanente. Il remet tout en cause, soi-même, la société, le monde, ses gouvernants, la vie, la mort...

Pas de nihilisme en lui. Il invite à la reconstruction, à une nouvelle certitude !

Écrit par cat le Lundi 15 décembre 2008
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Mémoire provisoire

 toile de Marie-Paule Horras

    Ce blog me sert de journal intime. Je n’écris presque plus dans ces cahiers que je garde depuis des années et que j’appelle Mémoire provisoire. Je regrette un peu le temps de l'écriture lente, au rythme de la main chargée d’une plume, moins experte et technicienne que les doigts sur l’ordinateur ; écriture concrète qui se frotte à la matière et s’y salit, s’y abîme dans un râle de jouissance, l’encre, le crayon, le stylo, le papier, ce froissement comme autant de caresses...

   Avec le blog, sale mot, mots en bloc, le monde virtuel est froid, propre mais anonyme, comme si ce n’était pas moi qui avais écrit ces textes, offerts là, à présent, sur l’écran péripatéticien, venant d’une infinie mémoire universelle, totalisante, cachée quelque part dans le monde…

   Paradoxe du blog : je donne à voir des textes personnels (pas tous, loin de là, je montre de nombreux articles sur la peinture, la littérature, l’actualité…) à des milliers de personnes. Je les envoie telles des bouteilles à la mer à des publics très différents : certains visiteurs échouent là par hasard, à cause d’un mot ou d’un nom propre qui a été référencé…C’est vrai, je me noie dans la contradiction : comment expliquer ce besoin, peut-être maladif, de se livrer à autrui.. ? Est-ce de l’exhibitionnisme ? Ou le besoin d’être connu et reconnu.. ? Mais par qui ? Ne vaut-il pas mieux travailler pour être reconnu par ses pairs (artistes, intellectuels) plutôt que par une foule impersonnelle, dépourvue de critique constructive.. ? Ai-je versé dans la facilité, dans le populisme ou, au contraire, ce blog n’est-il pas une tentative de dialoguer avec des individus qui veulent en savoir plus sur la littérature ou sur les sujets que j’aborde.. ?

Écrit par cat le Dimanche 2 novembre 2008
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mythique blog

       Blog qui explose : près de six mille visites, pendant le mois d'octobre! Croissance exponentielle, est-ce normal? Les visiteurs pourraient se lasser, or ils reviennent, et d'autres viennent sur mon blogue (c'est l'orthographe des vrais francophones car ce blog a été créé par les Québécois), mais je pense que parmi ces petits curieux figurent quelques-uns de mes élèves...Je vais donc faire attention à ce que j'écris et surtout à ce que je montre (en effet, un élève de sixième m'a demandé ce que faisait là cette "négresse nue": voir l'article sur Marcel Delaris par J.Gautrand).

      6000 personnes qui viennnent me lire, me voir, cela fait plaisir. Cependant le dialogue demeure silencieux: peu de commentaires à mes textes, si ce n'est de dames effarouchées, amères et désaxées...Que le dieu Priape éteignent l'incendie de leur intimité rongée par la frustration...

     Mais des contacts heureux et amicaux, il s'en nouent de temps à autre, sur le thème de Walter Benjamin, qui bénéficie d'une audience inattendue : Jean-Christophe, journaliste à Bâle et Joris le Belge de Mosset, universitaire généreux qui se bat pour le droit d'asile de Tchéchènes..et une association culturelle du Gard qui m'invite, à Sommières, pour une causerie sur le philosophe mort à Port-Bou...A suivre donc et n'hésitez pas à critiquer -en positivant- ce blogue..!!!

  Tableau de Marie-Paule Horras

Écrit par cat le Dimanche 2 novembre 2008
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