ARGELES : les chemins de la Massane et de l'Albère

      Pour les journées du patrimoine, la ville d’Argelès avait préparé une intéressante exposition sur les « Routes et sentiers de l’Histoire-Els camis de la historia ». La galerie Marianne présentait d’abord la vallée de la Massane, avec un rappel historique : depuis Hannibal passant par Ampurias, le col du Perthus, Elne (lire Polybe et Tite-Live) jusqu’à Philippe II le Hardi se repérant grâce à l’abbaye de Saint-André…Se reporter aux livres de Jacint Verdaguer (Canigó) et de Ramon Muntaner. Ensuite, l’expo s’organisait autour de plusieurs itinéraires :

1.les routes et les sentiers  2.la mémoire des rues   3.les chemins d’hier et d’aujourd’hui  4.les routes maritimes  

6.chemins de randonnées : à ce propos, il faut savoir que l’office de tourisme d’Argelès, avec l’aide du Conseil général édite un pré cieux fascicule : petites randos, GR10 et chemins de Compostelle, inscrit au patrimoine de l’Humanité, sont répertoriés.

7.le chemin de fer ; en 1858, il arrive à Perpignan ; la liaison avec l’Espagne est achevée en 1878 ;  l’espacement des voies espagnoles est de 1.668 m, celui des voies françaises de 1.435 m ; de nos jours commence l’épopée du TGV.

7.La Retirada (cf ; la revue Massane n°21)

8. Les voies contemporaines

9.Routes du Moyen-Age : se référer aux travaux de Pierre Ponsich. Les voies antiques du Roussillon vers l’Ampurdan, à travers la montagne de l’Albère, sont analysées.

            L’exposition s’achève sur l’énigme de Taxo d’Avall ; pour en savoir plus : www.bislyjp.com - Il ne restait plus qu’à mettre à profit ces informations et à se rendre sur place. Pour ma part, le dimanche 21, je me suis rendu à la Bajol (Alt Ampurda) sur le chemin de l’exil et à la recherche du trésor républicain enfermé dans la mina d’en Negrín, en direction de Maçanet de Cabrenys : « Al paratge del Serrat de la Calma s’obre la boca de la mina Canta, oberta el 1905, que es considera la darrera mina de talc de Catalunya. Aquesta mina també és coneguda com la mina d’en Negrín. »

Écrit par cat le Mardi 30 septembre 2008
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Patrimoine en Catalogne - 20.21 septembre 2008

Pour les journées du patrimoine, on ne peut aller partout. Je vous propose une sélection sur un même thème : la Retirada, les Camps...encore et toujours, c'est une question de mémoire primordiale. D'abord, même si ce n'est pas la Catalogne, en Ariège, direction Toulouse :

  LE VERNET D’ARIÈGE  SAMEDI 20 & DIMANCHE 21 SEPTEMBRE

 

 14h30 : Visites commentées du musée,  de la gare et du wagon, du cimetière

 15h00 : Projection du film documentaire  « Un îlot dans la tempête »

 16h00 : Débat animé par la réalisatrice Neus Viala  (dans la salle attenante au musée)

 En 1941, une centaine d’enfants d’origine juive arrivent depuis la Belgique au

Château de la Hille en Ariège, un home d’enfants géré par la Croix-Rouge suisse. Ce film qui tente de démêler l’enchaînement des événements, la position de la Croix-Rouge suisse, l’attitude des habitants, est avant tout un hommage à la lucidité et au courage de ceux qui savent prendre leurs responsabilités, y compris dans la désobéissance.

* Ensuite, au Camp de Rivesaltes, îlot F, musiques et conférences -Anne Boitel, J.Marc Dreyfus- cinéma et théâtre, de 10h à 23h le samedi et de 10h à 18h le dimanche, entrée libre.

*Opération transfrontalière, à partir du musée de l'exil à La Jonquera (dimanche à 9h30 au musée)- visie guidée, puis à 11h randonnée de la Vajol à Las Illas (exposition à 12h30: "La Retirada à travers la presse locale") Se rendre à la Bajol par ses propres moyens. Retour par le même chemin (apporter le casse-croûte) Museum memorial de l'exili, carrer major, 43.47, La Jon,quera. Tél. 04.68.95.85.03.

Écrit par cat le Mardi 16 septembre 2008
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L'Ermitage de Consolation, Collioure

Balade : le chemin de l’ermitage de Consolation Le départ, à pied, a lieu devant le Temple, au rond-point du centre de Collioure. Vous passez sous la voie ferrée et prenez la rue de la galère, puis le chemin de Consolation, jusqu’à la rue Sant Jaume. A u lieu d’emprunter cette rue, vous prenez à gauche et là, première station d’un chemin de croix, premier arrêt devant un offertoire dédié à Saint-Jacques ;  dans la niche grillagée, le saint est habillé en pèlerin de Compostelle, la main sur le cœur ; des fidèles ont attaché quelques fleurs aux grilles.

La vallée est étroite, faite de vignes, mais, peu à peu, les maisons grignotent l’espace retreint : des sols non cultivés laissent présager une proche opération immobilière…Le torrent Ravaner est asséché, en ce début septembre, mais pousse tout de même là une forêt de hauts roseaux. Sur les hauteurs, des forêts de pins parasols et de chênes-liège. Derrière vous, vous apercevez le bel ensemble des villas d’Ambeille ; devant, le pont de la déviation Collioure-Port-Vendres, au lieu-dit d’En Raxat..

Des bancs de béton sont proposés gracieusement par la municipalité aux promeneurs. Vous voici à la traverse du « Petit Consolation », qui rejoint la route des crêtes (route de Port-Vendres, le cimetière nouveau, le Casino, l’Indigo…) Un cabanon a été aménagé sous les arbres ; c’était naguère un vrai paradis, mais il est écrasé, à présent, par l’ombre de l’impressionnante passerelle routière bleue et les lignes pesantes de ses piles blanches.

Vous prenez, tout droit, le chemin étroit, entre haies de roseaux et murettes de schistes ; encore un banc : il faut s’asseoir, non pour se reposer, mais pour écrire et contempler ce cirque vert limité par des collines : là-haut, en face, c’est la silhouette de la tour Madeloc. Le chemin remonte un peu et, dans sa première courbe, vous découvrez la deuxième station, où est célébrée Sainte-Thérèse ; les fleurs, ici, sont synthétiques mais colorées. A côté, un récipient semble avoir été installé pour recueillir des oboles ; en fait, il ne contient que…des cailloux. ; ceux, peut-être d’un petit Poucet ou d’un voleur de tronc qui a remis, avec les pierres, le poids des piécettes emportées… Vous n’êtes pas perdus : à cent mètres plus loin, un rectangle jaune vous indique que vous êtes bien sur le sentier balisé de la randonnée consolatrice.

Au fait, consolation pour quelle raison.. ? Que vous a-t-on fait ? Quelle amertume venez-vous ici guérir.. ?

La beauté des lieux est déjà un début de consolation !

Un espace goudronné ressemble à une placette munie de deux bancs de fer, d’un olivier et…d’un panneau publicitaire pour le « Cellier dominicain de Collioure » ; il s’agit de la coopérative de Collioure, située route de Port-Vendres (04.68.82.05.63) La place est aménagée pour quelques voitures : ah ! dire que vous auriez pu venir jusqu’ici en automobile ! Mais un chemin de pèlerinage se fait à pied et cette placette est plutôt un lieu mystique pour des rencontres entre jeunes : un saut de vendangeur déborde de bouteilles et de canettes de bière…A  gauche et à droite, des chemins vont vers les vignobles ; le vôtre est au centre, dans le juste milieu ; d’ailleurs une petite pancarte vous avertit : « Ermitage, bar, hôtel, 500 mètres ».

Ce chemin est pavé de gros cubes et de bonnes intentions : il vous mène entre les fenouils et les raisins de septembre, vers la possibilité d’une guérison…Dans l’immédiat, ce sont les pieds qu’il faudrait ménager car le chemin monte, fort dignement, le long  d’une clôture en briques qui détonne dans ce paysage de lauses grises. Vous vous asseyez sur le bord d’une terrasse planté en Carignan destiné au nectar de Banyuls ; devant vous un lointain triangle de toits rouges et de mer bleue. Etonnant, non.. ? Même les clichés, ici, prennent de l’épaisseur.. !

Chaque vigne a son casot, peint ou pas, dans lequel le viticulteur entrepose ses outils, où il fait une sieste, seul ou avec une estivante désireuse de se faire consoler au plus vite…

Mais, levons-nous, élevons-nous ! Le chemin invite à l’élévation : ce sont les fameux terribles cinq cents mètres qui vous font accéder à un nouveau paradis ; au premier détour, voici la troisième station -n’ayez crainte, il n’y en aura pas douze, on est flemmard et sacrilège dans le grand Sud !- celle de Sainte-Anne : la patronne est protégée par une vitre et des végétaux séchés ; l’édicule est bâti sur un rocher naturel, cairn prouvant que le sentier est antique : des libations païennes, sous les Gaulois, auraient déjà eu lieu, dans les parages de l’ermitage bâti au 17° siècle, rafraîchi par sa fontaine bleue du 18ème.

Vous délaissez le chemin de gauche et descendez tout droit : vous apercevez les arbres majestueux  de Notre-Dame de Consolation : platanes et marronniers centenaires aux verts nuancés. Vous êtes arrivés dans l’ombrage, la fraîcheur, l’éden, le calme de ceux qui veulent faire retraite. Vous pouvez boire, manger, vous reposer, méditer, vous consoler : jamais sentier de balade n’a abouti à une telle récompense. Et l’épreuve est simple, accessible à tous, une randonnette de deux heures, aller et retour !

L’auberge peut vous fournir, pour un prix dérisoire, des grilles pour les saucisses ou escargots que vous avez glissés dans votre sac ; sinon, allez au restaurant !

Pour les courageux, le chemin balisé se poursuit, derrière l’espace des grillade ; il monte sur une veine pierreuse entre les tamarins. Tout Collioure et sa baie jaillissent alors et la mer est plus que le triangle entrevu plus bas…Sous un olivier, de grandes plaques de schistes autorisent la halte boisson, jambon ou consolation : tous les lieux sont décidément mystiques, ici ! De là, vous voyez la route du balcon de Madeloc, la plaine du Roussillon et les lointaines Corbières. Ce coin vaut pour le point de vue et pour le recul par rapport à l’Ermitage.

Vous pouvez ensuite redescendre par les vignes, mais c’est ennuyeux car il s’agit de propriétés privées et vous risqueriez d’être tentés par une rangée de raisins muscat…Le mieux est de revenir sur Consolation, puis de reprendre le chemin de l’aller, tout en sachant que d’autres sentiers vous convient à la découverte des Albères marines…

 l'intérieur de Notre-Dame de Consolation. 

Écrit par cat le Lundi 8 septembre 2008
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Balades culturelles et sportives en Catalogne

Mon recueil de 30 itinéraires culturels (à partir d'une personnalité étant né ou ayant vécu en Catalogne) est annoncé par les Nouvelles Presses du Languedoc pour la fin du mois de septembre (2008). Un bulletin de souscription, ci-dessous, permet d'obtenir le livre au prix préférentiel de 18 euros. A adresser à l'éditeur : NPL, 18 impasse Gaffinel, 34200, Sète (ou à l'auteur : J.P.Bonnel, 7 route de Bages - 66180 - Villeneuve/Raho) Merci à vous !

Écrit par cat le Mardi 2 septembre 2008
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Notre-Dame de CONSOLATION - COLLIOURE - CATALOGNE

   En arrivant à Collioure par la côte (virages et belle vue sur la mer), au premier rond-point, vous prenez à droite, direction Madeloc. Si vous venez de Perpignan par la voie rapide, vous prendrez encore à droite, après la montée vers Collioure, direction Le Rimbau, Madeloc, route des crêtes. A la première intersection, prenez le chemin qui descend à droite (en face, panneau pour aller au Rimbau et balade vers la forêt et la tour de la Massane : encore une très belle rando !)

   Vous arrivez à Consolation et trouvez un havre de paix, un paradis...je n'ai pas assez de clichés pour le dire...

  

 

 les racines catalanes, la fontaine bleue et les chambres du haut        la terrasse blanche, le soleil de l'accueil   pierre, bois et volets bleus

  l'écusson de Collioure à l'entrée de l'église

  la trouée vers Collioure...

Écrit par cat le Vendredi 29 août 2008
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Perpignan, rue du Jasmin à Saint-Jacques

Rue du Jasmin

         Je marchais, comme souvent, dans le quartier historique de Saint-Jacques, où des pierres sublimes s’élèvent au milieu d’un amoncellement de masures et de misères…

    Je me trouve soudain devant la rue du Jasmin. La poésie de l’appellation conduit à la curiosité et à l’aventure urbaine, même si ce quartier-ghetto a des rumeurs d’insécurité. Mais c'est, désormais, beaucoup de bruit pour rien...en attendant le prochain crime qui placera Perpignan sous les feux des médias !

   Jasmin. Blancheur de l'Afrique. Senteur dans la main. Fleur éclose derrière l'oreille...

 C’est sans doute la seule ruelle de Perpignan que je ne connaissais pas encore. Je presse le pas, mu par la curiosité, je monte la venelle qui s’arrondit très vite et s’ouvre ensuite sur une ligne de maison ocre rose.

Un peu déçu, je me rends compte que la voie n’est belle que par son nom évocateur. Le passage est mort : une seule maison semble respirer ; sur le seuil de son domicile, antre à la perspective sombre et infinie, un homme, jeune, petit, obèse. Il ne me regarde pas, je ne suis que le passant rare et incongru, éphémère, peu intéressant. Il tire, de sa boîte aux lettres décervelée, un imprimé. Il le sort de son enveloppe plastifiée, qu’il jette, objet inutile, aux quatre vents du quartier.

         La poésie de le rue du Jasmin l’emporte tout de même sur la laideur du quotidien.

 ce n'est pas la rue du jasmin, mais une rue de Paris. Laquelle..? (La photo du gagnant sera publiée sur ce blog...)

 

 

Écrit par cat le Mercredi 13 août 2008
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L'Ouille, crique catalane entre enfer et paradis

La plage de l’Ouille

 

 

            J’avais déjà évoqué (*) le paradis de cette crique en forme d’olla (ustensile de cuisine catalan), situé à la limite des communes de Collioure et d’Argelès-Le Racou. C’est le torrent du Ravaner, souvent asséché, qui marque la limite et conduit, grâce à son lit, les visiteurs venus de Perpignan (30 km par la voie rapide). On peut se garer au Racou et prendre le sentier des anciens contrebandiers qui court jusqu’à Cerbère et convie à une vue admirable sur la mer. On peut aussi se garer sur le terrain vague situé près des criques de Porteils et du camping du même nom. Il est aussi possible de venir depuis Collioure : se garer alors au stationnement, gratuit, du stade, ou sur les hauteurs du Pla de Fourques  (**)  On descend alors à pied, de façon assez vertigineuse, vers le camping et la plage où une petite guinguette pourra vous restaurer.

            La crique est fréquentée surtout par les étrangers du campement ou par les Catalans qui savent le charme du lieu. Déjà, en 1905, Matisse le connaissait qui prenait le sentier avec son épouse dont il a fait là plusieurs portraits, en japonaise, entre autres.

Cependant, l’Ouille fut aussi le théâtre de tragédies : en trente ans, une dizaine de noyades ont eu lieu entre les rochers hostiles ; ne vous hasardez pas à prendre le sentier littoral en direction de la plage nord de Collioure, très pittoresque, mais désormais interdit. La famille d’une victime belge a intenté, il y a quelques années, un procès au maire de Collioure, qui a fait alors installé des grilles aux deux entrées. S’il était rénové, avec de copieux crédits européens, ce sentier constituerait une des plus belles balades du littoral méditerranéen français. J’en ai la nostalgie : j’ai fait là, autrefois, au temps de mon adolescence sportive, de nombreux footings…

Hélas, à présent, il faut se contenter de courir de l’autre côté, vers le Racou et revenir par les hauteurs de Collioure, entre les vignes qui dominent la voie rapide qui mène à Port-Vendres…

En tout cas, il faut se méfier des vagues, violentes par temps de tramontane ; c’est ainsi que le 8 août, j’ai assisté à la recherche du corps d’un homme de 45 ans qui s’est noyé dans les parages. L’Ouille est un petit paradis mais peut devenir un enfer…

  

(*) CatalognARTS, LesPresses littéraires, 2006, page 81.

(**) panneaux historiques sur ces « Hauteurs de la Justice » et parcours de santé qui fait découvrir les fortifications du fort rond –ou tour de l’étoile-, le fort carré et le fort Mirador, ou Miradou, construit par Vauban et propriété de l’armée où niche un commando de choc…

 les rochers érodés le l'Ouille

Écrit par cat le Mardi 12 août 2008
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Le chemin Walter Benjamin saccagé !

  Comme chaque été, je fais, avec des amis, la rituelle randonnée de Banyuls à Port-Bou : le chemin ultime du philosophe allemand, éreintant, sous la chaleur...En ce premier août, Jean-Christophe, journaliste de Bâle, Fabienne et Didier, Denise et Pierre, de Lorraine, l'ont découvert avec leurs pieds, pour la première fois. Ce fut encore un grand moment d'amitié et de sport !

    Cependant, ce qui gâcha la sortie, c'est de constater que les panneaux (la signalisation installée en juin 2007), à la frontière (col de Rumpissa) et, plus bas, du côté catalan (col de la Fareille) ont été arrachés, brisés...L'hommage à l'écrivain juif ne plaît pas à tout le monde, il faut le croire, et l'esprit fasciste (franquiste ou simplement raciste) est toujours vivace...En outre la partie, difficile, du bas de la Tour de Carroig à la Fareille jusqu'à Port-Bou, n'a pas été nettoyée : de nombreuses broussailles et arbustes entravent le sentier ! La municipalité serait-elle moins attentive (depuis la destruction de l'hôtel de Francia) à la mémoire de W.Benjamin..?

 le panneau, au-dessus de Banyuls, est resté intact, mais à la frontière, la plan est par terre, en 3 morceaux :

 

 au col, vers Carroig, Cerbère ou La Fareilles (Port-Bou)

Écrit par cat le Mercredi 6 août 2008
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Sur l'A75, de Pézénas à Saint-Flour

Villégiature à Paris I

     ô Millau 

1. A l’aube : Six heures, le soleil se lève sur l’étang de Salses, sur la frange de sable qui abrite Coudalère, Barcarès, Port-Leucate, et un train qui glisse entre étang et mer et on a, malgré le sommeil, envie de chanter La mer.

 

2. Sur la route : De Narbonne à Béziers, de plus en plus de gens et même de routiers prennent la nationale, en dépit du barrage de Coursan, ses feux à l’entrée et ses viticulteurs qui osent se balader en tracteur, avec ce soleil et ces cohortes de touristes ! C’est la question du pouvoir d’achat, redondante cet été : l’essence est trop chère, on ne peut plus prendre l’autoroute…Mais on risque des amendes avec tous ces  automates flasheurs et l’économie réalisée sur la nationale fondra vite…Solution abrupte : nationaliser les autostradas ! Avec ce phénomène, soit il y aura moins d’accidents car on ne peut rouler vite, soit les automobilistes prendront des risques : connaissant un peu l’Homo-conductor, je parie, cher Pascal, pour la seconde solution !

A hauteur de Montpellier, un accident mortel sur l’autoroute, c’est pour cela, peut-être, que les mouches sont détournées…

Des travaux titanesques à Pézénas avant de rejoindre l’A75 : la jonction n’est pas pour demain, le TGV passera avant ; ça n’empêche pas une belle pensée pour Molière qui, lui, circulait en charrette…

La strada giscardienne monte à travers Larzac, Cévennes, Causses, grands déserts faits pour les troupeaux ovins, la marche ou la rando à dos de mule, pas vrai, cher Stevenson.. ?

 

3. Vers le centre de la France : Elle monte toujours, la région Languedoc-Roussillon, par la Couvertoirade, Saint-Guilhem, Le Caylar, les chaos de Montpellier-le-jeune-et-le-vieux, elle s’étire vers le nord si loin de la Méditerranée : Millau, son pont suspendu, dentelles du viaduc moderne. Pour bien le voir, depuis l’escalette qui sert de panorama sur la ville colonisant la vallée, depuis l’ancienne nationale et ne pas payer le péage : c’est connu, dès qu’on monte dans le figuier, on ne voit plus les beaux fruits convoités ! Approches du Cantal : le viaduc de Garabit, au métal peint en rouge, paraît rouillé et antediluvien, pauvre Eiffel !

Puis l’A75 est gratuite et avance par monts et par vaux, Saint-Flour, sur son plateau inaccessible, Issoire (histoire, pour moi d’excès de vitesse, l’autoroute étant soudain et souvent limitée à 110 !) jusqu’à la chaîne des puits qui cernent Clermont et Ferrand : il faut, c’est vrai, cher Michelin, de bons pneus, ici, surtout l’hiver…La courageuse voiture ronronne : Vichy, pas une larme pour Pétain, Moulins, Nevers et le pont Bérégovoy : de la route, j’aperçois le sentier de halage où le maire-ministre se promenait et se tua, un jour, en étant tué, par les requins de la politique, les médias cannibales et la bêtise généralisée…Une larme pour Béré !

 le viaduc de Millau

 

4. Les banlieues : L’heure et le bitume s’écoulent, voici Nemours et Fontainebleau, pays de châteaux, banlieues de Bobos…

 

5.Paris-plage, Paris-embouteillage

 

 Avant la sortie à la porte d’Italie, c’est le bouchon sur le périphe ; un panneau lumineux demande à tous ceux (banlieusards, travailleurs, gens n'étant ni bobos ni touristes) qui n’ont pas à se rendre dans le centre-ville d’éviter ces lieux en raison du phénomène de pariplage… Des files en attente sous le soleil, des individus qui oscillent entre leur lieu de résidence et leur lieu de travail, ne connaissant de la capitale que ses limites d’immeubles, que ses boulevards de ceinture ; justement, de ceinture, parlons-en, en cet été 2008, on ne partira pas en vacances, ou alors trois jours dans le camping de Saint-Maur, le temps de goûter un peu au farniente de guinguettes… Vivre ici, dans les transports, le bruit, la pollution, la chaleur fausse des voies « rapides » : est-ce ainsi que les hommes vivent, avec si peu d’argent.. ?

 

     Loin de cet enfer, la ville intra-muros semble calme et belle : soleil pur, terrasses joyeuses, peuplées de jeunes gens cosmopolites, beaux et insouciants, autour de Bastille, monde de la jeunesse reflétée dans les miroirs de l’opéra. Quatre athlètes brésiliens, les muscles mis en valeur par les couleurs de leur pays, font une démonstration digne du cirque Gruss, sur les trottoirs… Et puis, des expositions partout, des pages dans Pariscope, Camille Claudel, les traces du sacré, Za-Wou-Ki, la galerie Louis Carré, la peinture chinoise chez Maillol, la Polynésie aux Arts Premiers, la vie romantique ou les Mignard du musée Carnavalet…

Ma petite auto voit Paris pour la première fois ; elle découvre la montée vers le Père-Lachaise, l’avenue de la Roquette, de Ménilmontant…Devant le cimetière, un campement de sans-domicile-fixe ; ils se sont fixés là, ils étaient déjà sur ce trottoir, en décembre, devant l’arrêt de bus ; il n’y a que leur « mobilier qui s’est agrandi : des chaises branlantes, des morceaux de bois, des ustensiles de récupération : tout cela suggère une « installation » muséale inattendue ! Je suis sûr que si on la propose à Beaubourg, ils la prendront…

Les arbres du cimetière-musée ont verdi, les hauteurs sont plus souriantes, on est loin de la noirceur et du froid du temps de Noël, et puis, voici des cars de touristes, avec guide et plan des tombes célèbres. Les ados vont se lamenter devant Jim Morrison, les amoureux s’attendrir avec Héloïse et Abélard, les mamis, lectrices de Voici, colérer devant la photo de Nadine Trintignant…Et des larmes, des soupirs, devant les pierres qui cachent Montand, Signoret, cote à cote, et Déproges, dans un berceau d’acier et de vieilles herbes, qu’on croirait mort depuis dix siècles.. La tombe la plus fleurie, celle de Chopin ; à deux pas, le discret géant du jazz, ce nain de Pétrucciani… Plus haut, la sculpture, debout, du digne Vivant Denon, l’érudit, tandis que l’insurgé Richard Lenoir est allongé dans son bronze, usé à l’endroit du sexe : il paraît que si le visiteur caresse cette partie de son anatomie, dure, certes, mais grâce à l’armure de l’art, il captera de l’énergie…

J’accompagne Ana à son boulot, au musée Picasso : je laisse, ô privilège, la voiture dans les sous-sols, je revisite le musée et me pieds encore dans le dédale des salles ; on mange, repas sobre mais sain, dans les jardins de l’hôtel Salé, on parle du catalogue qui est presque achevé, prêt à être imprimé, pour l’expo du Grand Palais, à la rentrée : une journée entière avec Pablo, à Paris, c’est plus agréable qu’à Barcelone ou Malaga. Je rentre de nouveau contempler la Nevinbumbaau, dans sa vitrine : ogresse munie d’un sexe mâle, dont l’aura troubla Matisse ; lors d’une visite de Picasso en 1951, Matisse l’offrit à son ami, qui ne la prit pas tout de suite, prétextant que l’œuvre ne pouvait pas entrer dans sa voiture : lui aussi avait été quelque peu remué ! C’est Pierre Matisse qui remet le personnage, utilisé lors des rites de fécondité au Vanuatu, île des Nouvelles Hébrides – à Picasso, fin 1954…Et voici La Nevinbu…devant nos yeux occidentaux étonnés…

Dans le Marais jusqu’à la Seine, où je préfère la fréquentation des bouquinistes (tiens, un Durliat, un Brasillach, un Sylvestre Clancier, les Mémoires, On a le temps, de Pierre Daix…) aux exhibitionnistes de Paris-plage d’artifice. Le sont-ils, eux aussi, ces nombreux handicapés que je croise sur les trottoirs entre Cité et Tour Saint-Jacques enfin déshabillée de ses échafaudages.. ? Une SDF sans âge et sans jambe gauche, sur fauteuil roulant, lourd de poches plastique ; une jeune femme aux formes amples, aux cheveux noirs et à la main droite amputée ; une vieille habillée de noir, cassée en deux, le regard qui ne voit rien de l’effervescence de la rue, mais le verre qu’elle tend à une hypothétique générosité…

C’est un monde autre, dans la fraîcheur du BHV, c’est la modernité : des ustensiles de cuisine à profusion, les arts décoratifs culinaires pour la femme aux fourneaux, des gadgets de salle de bains, l’occasion unique d’avoir votre rouleau de pécul dans un appareil esthétique, à l’insolente beauté métallique…

 

Mes pieds me portent et je supporte leurs ampoules, depuis La folie-Regnault, Roquette, Bastille, Institut du Monde arabe toujours étonnant grâce à Jean Nouvel, boulevard Henri IV, Saint-Germain, rue de Buci,  de Seine, Jacob, quai des Tuileries, l’Orangerie. Je me repose sous les allées ombragées de tilleuls, où des gens solitaires courent, où des bandes de jeunes déplacent les lourds fauteuils de métal vert, pour parler fort et jeter des bières dans leurs tripailles et les parterres de fleurs.

Écrit par cat le Jeudi 31 juillet 2008
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Céret, rando chez Picasso

Depuis Perpignan par l'autoroute, sortie 43. Prendre la D115 qui traverse Céret et va au bout du Vallespir.

A l'entrée de Céret, les trois ponts enjambent le Tech et vous prenez la direction du MAMOC (musée d'art moderne de Céret) et du parking gratuit des Tins (les teinturiers). Par la Costette pittoresque et la rue des Tins, atteindre la place du Barri. Face à la porte de la ville, la maison Campanyo, à droite, abrite désormais la médiathèque. Prendre la rue Pasteur vers la massive église Saint-Pierre (clocher-tour roman du XI° siècle et portail en marbre bleu cérétan); à droite, se rendre sur la place aux neuf jets, halte agréable avec sa fontaine octogonale en marbre, ses terrasses et ses restaurants. Se souvenir qu'à cet endroit, après le traité des Pyrénées (île des faisans, la Bidasoa), fut réglé le problème de la frontière entre la France et l'Espagne. Monter par la rue Mirabeau et, à gauche par la rue Victor Hugo, pour déboucher sur la place de la Liberté : le monument aux morts de Maillol s'appelle "la douleur".

  La rando part d'ici; monter tout droit, en direction du Castellas (209 mètres), petit château du X° siècle et ancienne maison du fondateur du Mamoc : Pierre Brune. Le sentier va s'élever lentement le long des jardins, des cerisiers, de petits rus qui dévalent la pente. Il traverse de temps à autre la départementale qui vous mène, en voiture, jusqu'au Puig de Fontfreda (1093 m), très agréable pour pique-niquer et poursuivre sa marche vers les crêtes (pic de Salines, 1333 m) ou vers le village des Illas et la frontière. Vous rencontrerez alors le GR10. Mais notre balade est plus modeste; nos montons sans difficulté parmi les chênes-liège : cette fraîcheur est bienvenue en saison estivale! La carte Top 25 (2449 OT) vous permettra de faire une boucle et de revenir à Céret en surplombant l'ancien couvent des Capucins. Finir la "passejada" par la Place Picasso aux antiques platanes, par la rue de la sardane dont d'autres platanes sont devenus fous dans les toiles de Soutine (Le Vertige...), par, bien sûr (gardons la cerise pour la fin), le musée créé en 1950 : voir les 14 dessins de Matisse, les coupelles tauromagiques (comme dirait Balbino Giner, exposant ses tableaux toromachiques à la Capelleta, avenue du lycée) et les Fauves hongrois, expo temporaire de l'été..!

Si vous voulez que cette rando soit aussi culturelle, vous saurez tout sur les séjours de Picasso à Céret dans Catalognarts (Les Presses littéraires, 15 euros)...

Maillol, "La douleur"   sentier du Casteller, début de la balade Envoyez vos photos..!!!!

Écrit par cat le Mardi 15 juillet 2008
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Château de Requesens en Catalogne

 Le village chantant de Cantallops

  Le château médiéval

 Le chemin carrossable "carrer de Requesens

Le château de Requesens         * Filez vers le sud, la frontière, le col du ¨Perthus…Après la Junquera, prenez la direction de Rosas et Campmany. Arrivé à Cantallops, si vous optez pour une rando en voiture, prenez l’avenue qui monte vers la forêt, la « carrer de Requesens », belle avenue en pierres qui mène au chemin carrossable vers ce château du bout du monde (5 km de piste), château médiéval ayant appartenu au comté du Roussillon jusqu’à la fin du XII° siècle.

Cependant je vous conseille de vous garer sur la place du village située au début de cette avenue ; à pied vous allez emprunter le dernier chemin, à droite,  baptisé « Cami de Requesens » : un panneau vous indique qu’ici on avance « a peu » (à pied, 4 km, 2 heures de marche et une autre heure pour visiter les divers lieux). Le sentier est balisé en jaune ; vous longez des champs d’oliviers et, très vite, vous montez entre les chênes-lièges, les genêts et…les cimetières de chiens ;: le chemin est d’abord étroit et un peu abrupt, mais assez « confortable » Cette montée permet différentes vues sur le village, puis sur la baie de Rosas et sur toute la plaine de l’Ampurdan.

Au bout de ce chemin, vous retrouvez la route forestière et une barrière grillagée que vous refermerez pour marcher vers Requesens. Une halte ici vous assure une formidable trouée vers le château, seul et hautain au cœur des arbres et des montagnes, si vous montez sur le petit promontoire de roches, à droite. Une pancarte vous informe : vous êtes au « Coll de Medas », à 392 mètres, et vous entrez dans le parc naturel de l’Albère. La piste continue dans une forêt admirable. Si vous êtes venus en voiture, garez-vous au croisement entre « Puig de Neulos » et « Castell de Requesens »

Vous redescendez à pied cette piste sur 50 mètres et sur votre droite, face au bâtiment ruiné de la « Serradora », vous prenez le sentier balisé (jaune et blanc) montant vers le hameau de Requesens (de là, belle vue sur le château et halte au bar-restaurant La Cantina) A 2 minutes, allez voir le four à chaux (forn de salç), à 17 minutes, la Plaça Carbonera et à un quart d’heure, un dolmen et l’église Sainte-Lucie. Revenez au point de départ : le sentier rejoint le GR11 (rouge et blanc) et vous permet d’atteindre des lieux étranges : le « Pentinador », la source ferrugineuse de la « Font Rovellada de Dalt », le « Puig de Neulos », la « Forn de Rajols » et, en suivant le GR11, un pont de bois, le « Torrent del Coll Pregon » et le puits de glmace « Pou de Glaç »…Vous revenez au croisement initial et prenez le sentier qui monte vers le château (balisage jaune)

Vous voici au pied du fameux château bâti au XI° siècle et reconstruit au XX° par le seigneur Tomas de Rocaberti. La bâtisse est massive, un peu décevante : elle était plus belle et mystérieuse dans son aura de végétation et son auréole  de monts et de merveilles…Requesens se visite (2 euros l’entrée) en fin de semaine et les jours fériés (catalans !), de 11 h à 18 heures 

*Carte : Alt d’Emporda 2 au 1/50000, site naturel de l’Albère, versant sud du massif – Distance depuis Perpignan ; 50 km, dont 5 de piste. – Pour arriver directement à Cantallops, après la Junquera, prendre le dernier rond-point dans la zone des routiers et supermarchés, et prendre à gauche la route qui monte (signalisation défaillante)

Cantallops est un village agréable : bons restaurants, château du XIII° « Sant-Esteve de Cantallops, circuits de dolmens…indiqués sur les panneaux

  le col de Medes

  La solitude altière de Requesens, entre nuages et forêt de l'Albera

  le chemin étroit dans Cantallops...

Variante :  Avant l’entrée du Perthus, bifurquez à gauche (D7) en direction de St-Jean et de St-Martin de l’Albère, route du Col de l’Ouillat. Parking près du village de St-Martin : fontaine datant de 1724 pour faire des réserves d’eau. Eglise près de la ferme : le GR10 passe par le chemin de terre qui longe cette ferme, entre les pommiers.

   Passez un ruisseau. A 15 m sur la gauche de la piste forestière, un arbre est marqué d'un point rouge : il cache un sentier. Empruntez-le et suivez ces repères point rouge - trait jaune. Le sentier rejoint la piste forestière qui monte vers le col de Forcadell. Il faut compter 3/4 d'heure à une heure de montée dans la fraîcheur de la forêt. Un sentier plus direct monte au col : il trouver la marque au point rouge…

   Au col Forcat, à 898,12 m d'altitude, une barrière et une clôture marquent bien la frontière entre l'Espagne et la France. La descente s'avère abrupte. A claire-voie, le sentier longe des baies de mûres et de framboises.

En pleine forêt, la fontaine de la Vemeda s'avère un arrêt salutaire à mi-chemin vers le château. Une demi-heure après, on se retrouve parmi un troupeau de vaches. C'est le hameau Requesens qui abrite une chapelle romane du IX° siècle dédiée à la Vierge Marie. C'est vers cette chapelle que convergent les habitants de Figuères en pèlerinage la première semaine de juin : laVierge leur procuree la tramontane, vent purificateur de l'Ampurdan.

La silhouette majestueuse du château Requesens se dessine enfin sur une crête. A la sortie du cortal, un raccourci descend vers la rivière. Le torrent du col passé, il faut gravir la piste qui monte au château. Les premières tours se dressent déjà.

La visite du « castel » s'effectue en une heure. Comptez 3 heures 1/2 de remontée par la piste en lacets. En chemin, vous croiserez les restes d'une ancienne église, transformée en arrêt pique-nique.

 

UNE HISTOIRE rocambolesque : Au IX° siècle naissent les premiers châteaux forts qui gardent le passage des crêtes pyrénéennes. Les comtes du Roussillon possèdent Requesens jusqu'au XI"" siècle. Ce dernier surveille une des routes de communication Roussillon-Ampurdan qui traversait les Albères par le pic de Neulos en évitant la route établie à la Junquèra. Requesens fait alors partie d'une défense de quatre châteaux qui protégeaient l'Ampurdan : Capmany, Darnius et Albanya. En 1285, la forteresse est assiégée par les troupes de Philippe le Hardi qui venaient faire valoir son autorité de suzerain sur le comte de Catalogne. Le château passe aux mains des Rocaberti, vicomtes de Peralada dès 1420. Mais du XVI" au XVIII" siècle, le monument connaît l'abandon et la ruine. Tomas Rocaberti de Dameto va entamer la résurrection du site. Mort en 1898, c'est sa sœur Juana Adelaida qui inaugure le nouveau château en 1899. Mais des années plus tard, elle meurt ruinée, sans descendance. Le domaine va passer aux mains de nobles jusqu'en 1942 où il sert de résidence aux troupes de gardes-frontières. Inconscients de la valeur historique, ils compléteront la destruction des bâtiments. Un nom résonne encore dans les salles vides du château : Rocaberti ! Rocaberti !

 

CURIOSITÉS : Le dolmen de Na Christiana sur la route de Saint-Jean l'Albère. Il s'agit d'un grand cairn coiffé d'une dalle, fermé en contrebas par une autre. Ce lieu de sépulture, vieux de 4500 ans possède une chambre funéraire, surnommée Balma de Na Christiana (grotte de la chrétienne). La restauration de cet édifice s'est déroulée en 1988.

 

LA MARE DE DÉU DE REQUESENS : Le hameau Requesens abrite une chapelle romane du IX° siècle dédiée à la Vierge Marie. C'est vers cette chapelle que se dirigent, par la GE-601, les habitants de Figuères en pèlerinage chaque année tous les 24 juin, dans leur adoration pour la Vierge qui leur donne la tramontane, vent purificateur de l'Ampurdan.

Écrit par cat le Vendredi 27 juin 2008
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Le canal de Perpignan, balade sereine

      La promenade du canal de Perpignan assure un moment de calme et de sérénité. Vous pouvez le prendre à partir du lotissement de la Porte d’Espagne, ce qui vous permet de vous garer facilement sur le parking de l’hypermarché « Al Camp », dont je tairai le nom français…Là commence le sentier ombragé qui serpente sous la voûte des platanes ; on devine les nombreuses maisons accolées, mais si vous regardez tout droit ou dans votre imagination, c’est le rêve, une sorte de petit bonheur à la Philippe Delerm. Il faut savoir parfois se contenter d’une balade facile mais agréable, même aux portes de la ville, au lieu d’être obnubilé par une randonnée olympique, qui vous oblige à vous lever matin et à faire de la route, vers Cerdagne, Cadi, Carlit ou Capcir…

            Très vite, vous voici au Mas Bresson : la route traversée mène à l’échangeur sud de l’autoroute A9, mais vous n’en avez cure : vos pas précis et patients ne voient pas l’asphalte mais la terre battue ondoyant entre les admirables vignes de ce domaine. Le bruit et la fébrilité de la vitesse vont encore vous saisir quand vous emprunterez le passage sous l’autostrada, mais c’est fini, adieu monde pressé, après avoir passé le beau mas Gaffard, je marche vers Pollestres, village tranquille, et mes rencontres sont désormais pédestres : un couple âgé qui ramasse des asperges sauvages, trois amies très bavardes, estimant que les paroles valent plus que le silence des yeux, deux ados faisant du vélo, une belle fille athlétique qui court et n’a pas une œillade, même pas un regard, pour vous…

Des prés, des champs de pêchers, des mas abandonnés, des lieux insoupçonnés, un petit monde naturel et sauvage vit à moins de cinq cents mètres de la cité.. ! Le canal est moins banal, il devient vraiment canal quand - grâce au ruisseau "Les canals" conduisant l'eau de la Têt d'Ille à Perpignan- le promeneur découvre plusieurs écluses modestes, mais en état de marche. C’est l’eau, hélas, qui ne marche pas, qui ne joue pas le jeu : la sécheresse règne et on espère le printemps perturbé et les saints de glace de Catalogne…

Voici Pollestres et, sous les frondaisons, derrière les grillages et murettes égoïstes, le visiteur ébahi découvrent des villas orgueilleuses, des architectures énormes, faites de terrasses, de piscines et de plantations exotiques…Tout le monde ne touche pas le Rmi en ce pays…C’est Cocagne pour certains, mais qui sont ces gens vivant en de tels lieux paradisiaques et secrets…

La marche est souvent l'occasion d'un échange d’idées, d'un tour d’horizon de l’actualité : les compagnons de ce tour du canal (si l’on peut dire, car le sentier est rectiligne et la pensée ne peut donc tourner en rond !) ont, en parlant, en cheminant, des envies de transformer le monde, mais, chut, voici la traversée du village, quelques mètres de bitume, et l’on repart, tout droit, vers un horizon imperceptible, vers une distance inconnue, vers la prochaine borne : Thuir…

      Le canal de Perpignan, vieux comme un des travaux d'un Hercule du Moyen-Age, (*) ce n’est pas le Canal du Midi, certes, avec ses transhumances de péniches, ses vastes écluses, ses aires de repos, poétiques, bucoliques ou livresques, quand la route liquide fait une halte au Somail, entre Narbonne et Carcassonne, où niche une célèbre et immense librairie humide…Mais c’est le plaisir de quelques heures, à la portée du moins sportif d’entre nous…

       écluse sans eau

      le mas Bresson.  (*) En vérité, le canal "Les Canals", en catalan, fut aménagé par Jacques II de Majorque afin d'irriguer cette partie de la plaine du Roussillon (rive droite de la Têt), les châteaux royaux et les moulins dont il reste un seul vestige à Canohès (Le mas du Moulin). Le canal traverse Canohès de part en part jusqu'au Mas Vézian, près de Thuir. Il est la propriété privée d'une collectivité publique : la ville de Perpignan. Le projet est de transformer l'itinéraire en piste cyclable, dans le cadre de la voie verte entre Perpignan et Villefranche de Conflent.

Écrit par cat le Dimanche 11 mai 2008
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